{"id":22947,"date":"2026-09-25T14:46:04","date_gmt":"2026-09-25T12:46:04","guid":{"rendered":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=22947"},"modified":"2026-09-25T15:32:15","modified_gmt":"2026-09-25T13:32:15","slug":"financement-de-lelection-presidentielle-vers-un-contournement-dangereux-de-linterdiction-des-prets-des-personnes-physiques-aux-candidats-prevue-par-la-loi-de-1962-article-n1-4-r-rambau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=22947","title":{"rendered":"Financement de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle : vers un contournement dangereux de l&rsquo;interdiction des pr\u00eats des personnes physiques aux candidats pr\u00e9vue par la loi de 1962 ? Article n\u00b01\/4 [R. Rambaud]"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question para\u00eet catastrophiste. Pourtant, elle appara\u00eet aujourd&rsquo;hui cr\u00e9dible&#8230; et absolument fondamentale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme la CNCCFP s&rsquo;en est fait le relais sur son compte LinkedIn, <a href=\"https:\/\/www.politico.eu\/article\/a-8-mois-de-la-presidentielle-la-commission-des-comptes-de-campagne-prete-a-jouer-au-gendarme\/\">le Pr\u00e9sident de la CNCCFP, Christian Charpy, a donn\u00e9 une interview le 23 septembre 2026 au site internet <em>Politico<\/em>.<\/a> L&rsquo;interview est globalement de facture classique, insistant sur les r\u00e8gles de fond pour les influenceurs, sur la m\u00e9thodologie de contr\u00f4le, sur le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 comme pr\u00e9c\u00e9dent dissuasif, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe cependant un passage de l&rsquo;interview particuli\u00e8rement important qui est le suivant : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Pr\u00e9vention\u2026 et v\u00e9rifications<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autre signe d\u2019un changement d\u2019\u00e9poque, sur fond de craintes des ing\u00e9rences \u00e9trang\u00e8res : les candidats sont invit\u00e9s \u00e0 faire preuve d\u2019une \u00ab\u00a0extr\u00eame vigilance\u00a0\u00bb sur l\u2019origine des fonds qui permettent de faire campagne. Pour les dons aux candidats, ils doivent \u00eatre faits par des personnes r\u00e9sidant en France ou de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise. Les pr\u00eats bancaires ne pourront, eux, provenir que d&rsquo;une banque situ\u00e9e dans l&rsquo;espace \u00e9conomique europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Christian Charpy aura une vigilance toute particuli\u00e8re sur l\u2019origine des pr\u00eats de personnes priv\u00e9es aux partis politiques, qui constituent un moyen indirect de se financer, en plus des dons ou des cotisations. \u00ab\u00a0Est-ce que les pr\u00eateurs sont r\u00e9els, ou sont-ils des pr\u00eate-noms ? C\u2019est une question qui peut se poser\u00a0\u00bb, pointe-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cas de doute, le gendarme des comptes de campagne saisit le service de renseignement financier Tracfin pour remonter l\u2019origine de fonds douteux, ou dialogue avec Viginum, l\u2019agence de l\u2019Etat charg\u00e9e de lutter contre les ing\u00e9rences num\u00e9riques, en cas d\u2019op\u00e9ration de d\u00e9stabilisation \u00ab\u00a0caract\u00e9ris\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(&#8230;) Le sujet est d\u2019autant plus sensible que certaines formations, comme le RN, peinent \u00e0 trouver un pr\u00eat. Et ce, alors que l\u2019initiative de Matignon de cr\u00e9er un \u00ab\u00a0pool bancaire\u00a0\u00bb pour \u00e9viter cette situation a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, <a href=\"https:\/\/pro.politico.eu\/news\/224759\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 POLITICO<\/a>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On note par ailleurs sur le sujet un l\u00e9ger flottement, puisqu&rsquo;\u00e0 la fin de l&rsquo;article il est pr\u00e9cis\u00e9 que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0<em>Cet article a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour pour pr\u00e9ciser que les pr\u00eats accord\u00e9s par des personnes priv\u00e9es peuvent uniquement \u00eatre contract\u00e9s par les partis politiques et non les candidats<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Or, ces \u00e9l\u00e9ments nous semblent beaucoup plus importants sur le plan juridique, factuel, financier et politique que la pr\u00e9sentation de l&rsquo;article pourrait le laisser penser au premier abord. Il faut en effet bien mesurer la port\u00e9e de la solution ainsi sugg\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celle-ci nous semble soulever plusieurs probl\u00e9matiques, qui seront trait\u00e9es dans le cadre de plusieurs articles successifs, que l&rsquo;on formulera volontairement sous forme interrogative et qui sont les suivants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Premier probl\u00e8me : un contournement \u00e0 venir de l&rsquo;interdiction des pr\u00eats de personnes physiques \u00e0 des candidats pour l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ?<\/li>\n\n\n\n<li>Deuxi\u00e8me probl\u00e8me : un contournement probl\u00e9matique du point de vue du financement des campagnes \u00e9lectorales par des personnes fortun\u00e9es ?<\/li>\n\n\n\n<li>Troisi\u00e8me probl\u00e8me : un contournement probl\u00e9matique du point de vue du risque d&rsquo;ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re ?<\/li>\n\n\n\n<li>Quatri\u00e8me probl\u00e8me : un contournement probl\u00e9matique du point de vue de la sinc\u00e9rit\u00e9 du scrutin ?<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Premier probl\u00e8me : un contournement \u00e0 venir de l&rsquo;interdiction des pr\u00eats de personnes physiques \u00e0 des candidats pour l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le comprendre, il faut rappeler qu&rsquo;en droit, l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle est sp\u00e9cifique, d\u00e9rogatoire au droit commun, r\u00e9gie par les articles 6 et 7 de la Constitution et par les dispositions sp\u00e9ciales de <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/JORFTEXT000000684037\/\">la loi n\u00b0 62-1292 du 6 novembre 1962 relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au suffrage universel r\u00e9guli\u00e8rement actualis\u00e9e. Or cette loi dispose, et c&rsquo;est une d\u00e9rogation par rapport au droit commun et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article L. 52-7-1 du code \u00e9lectoral, dans son article 3.II<\/a> que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les personnes physiques ne peuvent, dans le cadre de l&rsquo;application des dispositions des <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000035569586&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">articles L. 52-7-1<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000006353123&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">L. 52-8 du code \u00e9lectoral<\/a>, accorder des pr\u00eats et avances remboursables aux candidats.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est \u00e0 dire que le principe, pour l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, est, contrairement au droit commun, l&rsquo;interdiction des pr\u00eats des personnes physiques aux candidats. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui est rappel\u00e9 par la mention rectificative de la fin de l&rsquo;article selon laquelle \u00ab\u00a0<em>Cet article a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour pour pr\u00e9ciser que les pr\u00eats accord\u00e9s par des personnes priv\u00e9es peuvent uniquement \u00eatre contract\u00e9s par les partis politiques et non les candidats<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e8gle sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/LEGIARTI000006529283\/2001-02-06#LEGIARTI000006529283\">la loi organique n\u00b0 2001-100 du 5 f\u00e9vrier 2001 modifiant la loi n\u00b0 62-1292 du 6 novembre 1962 relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au suffrage universel<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;agissait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;une r\u00e8gle adopt\u00e9e en r\u00e9action au rejet des comptes de campagne de Jacques Cheminade par le Conseil constitutionnel. Dans sa <a href=\"https:\/\/www.conseil-constitutionnel.fr\/decision\/1995\/9588pdr.htm\">d\u00e9cision n\u00b0 95-88 PDR du 11 octobre 1995, <em>D\u00e9cision du Conseil constitutionnel relative au compte de campagne de Monsieur Jacques Cheminade<\/em>,<\/a> candidat \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle des 23 avril et 7 mai 1995, le Conseil constitutionnel avait rejet\u00e9 le compte de ce dernier, consid\u00e9rant que les pr\u00eats des personnes physiques dont il avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 constituait des dons d\u00e9guis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>6.<\/strong> Consid\u00e9rant qu&rsquo;il ressort de l&rsquo;examen du compte de campagne d\u00e9pos\u00e9 par le candidat que celui-ci a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de sommes d&rsquo;un montant total de 2 340 990 F, d\u00e9clar\u00e9es comme \u00e9tant des pr\u00eats consentis \u00e0 titre gratuit par des personnes physiques&nbsp;; qu&rsquo;il r\u00e9sulte de l&rsquo;instruction que cette source de financement, \u00e0 concurrence de 1 711 450 F, soit plus du tiers de l&rsquo;ensemble des recettes d\u00e9clar\u00e9es, provient de vingt et un contrats conclus post\u00e9rieurement au 7 mai 1995&nbsp;; que, compte tenu de l&rsquo;importance de ces ressources dans le financement de la campagne, l&rsquo;absence de stipulation d&rsquo;int\u00e9r\u00eats a, en l&rsquo;esp\u00e8ce, constitu\u00e9 au profit du candidat un avantage qui doit \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 un don en vertu de l&rsquo;article L. 52-17 du code \u00e9lectoral&nbsp;; qu&rsquo;eu \u00e9gard \u00e0 la date des conventions dont il s&rsquo;agit, \u00e0 l&rsquo;importance et au caract\u00e8re syst\u00e9matique des avantages ainsi consentis, le compte de campagne doit \u00eatre regard\u00e9 comme ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli en m\u00e9connaissance des articles L. 52-4, L. 52-5, L. 52-6 et L. 52-8 du code \u00e9lectoral et doit par suite \u00eatre rejet\u00e9,<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour couper court \u00e0 de tels probl\u00e8mes, la loi organique avait donc pr\u00e9vu l&rsquo;interdiction pour les personnes physiques de r\u00e9aliser des pr\u00eats aupr\u00e8s des candidats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e8gle est claire, et elle est d&rsquo;ailleurs rappel\u00e9e avec force par le <a href=\"https:\/\/cnccfp.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Guide-a-lusage-des-candidats-a-lelection-du-President-de-la-Republique.pdf\">Guide \u00e0 l&rsquo;usage des candidats \u00e0 l\u2019\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et de leur mandataire, 2025-2026, de la CNCCFP elle-m\u00eame, adopt\u00e9 en s\u00e9ance de commission le 26 mars 2026 apr\u00e8s avis du Conseil constitutionnel en date du 19 mars 2026.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">p. 14, celui pr\u00e9voit, concernant les emprunts contract\u00e9s par le candidat :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les conditions fix\u00e9es par la loi, les candidats peuvent recourir \u00e0 des emprunts souscrit aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9tablissement bancaire ou de partis politiques relevant de la loi n\u00b0 88-227 du 11 mars 1988 pour financer leur campagne \u00e9lectorale. L\u2019emprunt doit \u00eatre souscrit par le candidat (et non par le mandataire) et port\u00e9 au compte pour la totalit\u00e9 du montant r\u00e9sultant du contrat pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Attention<br>Les emprunts contract\u00e9s aupr\u00e8s de personnes physiques sont rigoureusement interdits pour financer une campagne pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La formule est claire et particuli\u00e8rement large : concernant les emprunts contract\u00e9s par le candidat, les emprunts contract\u00e9s aupr\u00e8s de personnes physiques sont rigoureusement interdits pour financer une campagne pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question pos\u00e9e ici \u00e9tait de savoir comment contr\u00f4ler le respect de cette disposition ? En particulier, l&rsquo;auteur de ces lignes se posait la question de savoir comment la CNCCFP pourrait faire pour contr\u00f4ler que cette r\u00e8gle serait respect\u00e9e, en particulier dans le cas o\u00f9 le candidat se financerait aupr\u00e8s d&rsquo;un parti politique qui lui-m\u00eame aurait recours \u00e0 des pr\u00eats de personnes physiques ? La r\u00e9ponse est indirectement venue de l&rsquo;interview de Christian Charpy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Christian Charpy indique qu&rsquo;il :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">aura une vigilance toute particuli\u00e8re sur l\u2019origine des pr\u00eats de personnes priv\u00e9es aux partis politiques, qui constituent un moyen indirect de se financer, en plus des dons ou des cotisations. \u00ab\u00a0Est-ce que les pr\u00eateurs sont r\u00e9els, ou sont-ils des pr\u00eate-noms ? C\u2019est une question qui peut se poser\u00a0\u00bb, pointe-t-il.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais <em>a contrario<\/em>, cela signifie-t-il aussi que ces pr\u00eats contract\u00e9s par les partis politiques pourront sans probl\u00e8me ensuite venir financer la campagne pr\u00e9sidentielle ? A la lecture, on pourrait penser que oui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela signifie donc, si l&rsquo;on suit cette interview, que les candidats ne peuvent contracter directement des pr\u00eats aupr\u00e8s de personnes physiques en tant que recettes dans leur compte de campagne, mais qu&rsquo;ils peuvent souscrire des pr\u00eats aupr\u00e8s des partis politiques dont la source serait elle-m\u00eame des pr\u00eats souscrits aupr\u00e8s de personnes physiques. La r\u00e8gle selon laquelle \u00ab\u00a0<em>Les personnes physiques ne peuvent, dans le cadre de l&rsquo;application des dispositions des <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000035569586&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">articles L. 52-7-1<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000006353123&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">L. 52-8 du code \u00e9lectoral<\/a>, accorder des pr\u00eats et avances remboursables aux candidats\u00a0\u00bb<\/em> (loi de 1962, article 3.II), la r\u00e8gle selon laquelle <em>\u00ab\u00a0Attention, Les emprunts contract\u00e9s aupr\u00e8s de personnes physiques sont rigoureusement interdits pour financer une campagne pr\u00e9sidentielle\u00a0\u00bb<\/em> (guide de la CNCCFP, p. 14) n&rsquo;irait pas jusqu&rsquo;\u00e0 conduire \u00e0 devoir, \u00e0 pouvoir, v\u00e9rifier que cette r\u00e8gle est respect\u00e9e y compris lorsqu&rsquo;il y a l&rsquo;entregent d&rsquo;un parti politique. <br><br>Ainsi, un parti politique pourrait emprunter de l&rsquo;argent aupr\u00e8s de personnes physiques pour ensuite pr\u00eater de l&rsquo;argent &#8211; cet argent &#8211; \u00e0 un candidat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La position de la CNCCFP serait donc celle d&rsquo;une interpr\u00e9tation stricte &#8211; et non d&rsquo;une interpr\u00e9tation large &#8211; de cette interdiction. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;agit sans doute aussi d&rsquo;une position pragmatique de sa part. Le contr\u00f4le de la CNCCFP, dans la pratique, se trouve limit\u00e9 par plusieurs facteurs. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certes, pour les pr\u00eats des partis, l\u2019ann\u00e9e de sa conclusion, le parti est tenu de transmettre \u00e0 la Commission une copie du contrat de pr\u00eat. En outre, un \u00e9tat actualis\u00e9 de la situation de ces emprunts, pr\u00e9cisant notamment leur remboursement, doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 chaque ann\u00e9e en annexe des comptes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, comme on le sait depuis l&rsquo;affaire Bygmalion, le contr\u00f4le des comptes des campagnes et celui des partis politiques n&rsquo;est toujours pas concomitant. Les comptes de campagne de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle seront examin\u00e9s d&rsquo;ici le mois de d\u00e9cembre 2027. Au contraire, la comptabilit\u00e9 des partis politiques sera d\u00e9termin\u00e9e sur la base de l&rsquo;ann\u00e9e civile 2027, arr\u00eat\u00e9e puis envoy\u00e9e \u00e0 la Commission pour contr\u00f4le, qui prendra un peu de temps pour ce faire. En somme, quand la Commission contr\u00f4le les comptes des partis politiques, tout est termin\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral pour les comptes de campagne, sous r\u00e9serve peut-\u00eatre d&rsquo;une saisine du Conseil constitutionnel, mais celle-ci n&rsquo;appartient qu&rsquo;au candidat lui-m\u00eame et ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par des tiers qui souhaiteraient contester le compte (Conseil constitutionnel, n\u00b0 2019-173 PDR du 11 juillet 2019 <em>Recours du parti \u00ab Les R\u00e9publicains \u00bb contre la d\u00e9cision de la CNCCFP du 21 d\u00e9cembre 2017 relative au compte de campagne de M. Emmanuel Macron<\/em>). Cela fait obstacle \u00e0 un contr\u00f4le effectif. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, l&rsquo;annexe qui doit d\u00e9sormais figurer au compte de campagne ne r\u00e9sout rien, puisque cette annexe ne comporte que les d\u00e9penses des partis politiques, et non les recettes, en vertu de la loi de 1962 : <em>\u00ab\u00a0Chaque compte comporte en annexe une pr\u00e9sentation d\u00e9taill\u00e9e des d\u00e9penses expos\u00e9es par chacun des partis et groupements politiques qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s en vue d&rsquo;apporter un soutien au candidat ou qui lui apportent leur soutien, ainsi que des avantages directs ou indirects, prestations de services et dons en nature fournis par ces partis et groupements. L&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de cette annexe est publi\u00e9e avec le compte, dans les conditions pr\u00e9vues \u00e0 la premi\u00e8re phrase du pr\u00e9sent alin\u00e9a. Les partis et groupements politiques mentionn\u00e9s au pr\u00e9sent alin\u00e9a communiquent \u00e0 la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, \u00e0 sa demande, les pi\u00e8ces comptables et les justificatifs n\u00e9cessaires pour appr\u00e9cier l&rsquo;exactitude de cette annexe\u00a0\u00bb.<\/em> Aucune justification particuli\u00e8re des recettes n&rsquo;est pr\u00e9vue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour rappel, dans son rapport de 2023 par exemple, la CNCCFP faisait une proposition :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Acc\u00e9der \u00e0 la comptabilit\u00e9 des partis politiques pendant l&rsquo;instruction des comptes de campagne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Afin de renforcer ses capacit\u00e9s de contr\u00f4le, la Commission souhaiterait que le l\u00e9gislateur lui permette de disposer, pendant l&rsquo;instruction des comptes de campagne, d\u2019un acc\u00e8s, avec le concours des commissaires aux comptes, aux \u00e9l\u00e9ments utiles de la comptabilit\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e en cours des partis politiques soutenant les candidats aux \u00e9lections, particuli\u00e8rement pour l\u2019 \u00e9lection pr\u00e9sidentielle. La Commission pourrait ainsi s\u2019assurer que toutes les d\u00e9penses prises en charge par le parti pour un candidat ont \u00e9t\u00e9 effectivement d\u00e9clar\u00e9es par le parti, sont justifi\u00e9es par une pi\u00e8ce et retrac\u00e9es dans le compte de campagne (cf. pp. 84-88)&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela vaudrait aussi pour les recettes. Cette proposition \u00e9tait confirm\u00e9e dans le rapport 2024 (p. 124).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s lors, l&rsquo;assertion selon laquelle la CNCCFP sera tr\u00e8s vigilante concernant les pr\u00eats des personnes physiques accord\u00e9s aux candidats constitue en creux le constat qu&rsquo;elle ne serait pas en mesure, en droit et en pratique, de contr\u00f4ler l&rsquo;interdiction du financement des candidats par des personnes physiques jusque dans les comptes des partis politiques, m\u00eame si cet argent finit par financer, sous forme de pr\u00eat ou de versement d\u00e9finitif, la campagne du candidat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la question peut alors \u00eatre pos\u00e9e de la mani\u00e8re suivante : que vaut la r\u00e8gle selon laquelle <em>\u00ab\u00a0Attention Les emprunts contract\u00e9s aupr\u00e8s de personnes physiques sont rigoureusement interdits pour financer une campagne pr\u00e9sidentielle\u00a0\u00bb<\/em> (Guide de la CNCCFP, p. 14), si les partis peuvent eux emprunter aupr\u00e8s de personnes physiques pour ensuite pr\u00eater cet argent aux candidats ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9ponse para\u00eet sans appel : l&rsquo;interdiction ne se voit-elle pas alors totalement vid\u00e9e de sa substance ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Serait-il possible de faire diff\u00e9remment ? De consid\u00e9rer que l&rsquo;intention du l\u00e9gislateur aurait du conduire \u00e0 consid\u00e9rer que cette interdiction devrait \u00eatre \u00e9tendue jusqu&rsquo;au contr\u00f4le des partis politiques, sous peine de rejet du compte par la CNCCFP et par le Conseil constitutionnel ? Serait-il possible encore de corriger le tir explicitement dans une loi organique d&rsquo;actualisation de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car, qu&rsquo;elle ait ou non \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour cela en 2001, la r\u00e8gle en vertu de laquelle <em>\u00ab\u00a0Les personnes physiques ne peuvent, dans le cadre de l&rsquo;application des dispositions des <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000035569586&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">articles L. 52-7-1<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&amp;idArticle=LEGIARTI000006353123&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\">L. 52-8 du code \u00e9lectoral<\/a>, accorder des pr\u00eats et avances remboursables aux candidats\u00a0\u00bb <\/em> constituait une digue \u00e0 certains risques tr\u00e8s identifi\u00e9s dans le cadre de la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle, et se priver de cette digue pourrait donc fragiliser un certain nombre de principes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces risques sont selon nous les suivants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Un contournement probl\u00e9matique du point de vue du financement des campagnes \u00e9lectorales par des personnes fortun\u00e9es<\/li>\n\n\n\n<li>Un contournement probl\u00e9matique du point de vue du risque d&rsquo;ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>Un contournement probl\u00e9matique du point de vue de la sinc\u00e9rit\u00e9 du scrutin<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La suite \u00e0 venir !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Romain Rambaud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"335\" height=\"356\" src=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Romain-Rambaud-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22579\" srcset=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Romain-Rambaud-2.jpg 335w, https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Romain-Rambaud-2-282x300.jpg 282w\" sizes=\"auto, (max-width: 335px) 85vw, 335px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question para\u00eet catastrophiste. Pourtant, elle appara\u00eet aujourd&rsquo;hui cr\u00e9dible&#8230; et absolument fondamentale. Comme la CNCCFP s&rsquo;en est fait le relais sur son compte LinkedIn, le Pr\u00e9sident de la CNCCFP, Christian Charpy, a donn\u00e9 une interview le 23 septembre 2026 au site internet Politico. L&rsquo;interview est globalement de facture classique, insistant sur les r\u00e8gles de fond &hellip; <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=22947\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Financement de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle : vers un contournement dangereux de l&rsquo;interdiction des pr\u00eats des personnes physiques aux candidats pr\u00e9vue par la loi de 1962 ? Article n\u00b01\/4 [R. 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