{"id":18972,"date":"2024-03-08T17:26:51","date_gmt":"2024-03-08T16:26:51","guid":{"rendered":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=18972"},"modified":"2024-03-08T17:26:51","modified_gmt":"2024-03-08T16:26:51","slug":"conseil-constitutionnel-une-premiere-decision-rendue-au-fond-dans-le-cadre-du-contentieux-des-elections-senatoriales-de-2023-r-rambaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=18972","title":{"rendered":"Conseil constitutionnel : premi\u00e8re d\u00e9cision rendue au fond dans le cadre du contentieux des \u00e9lections s\u00e9natoriales de 2023 [R. Rambaud]"},"content":{"rendered":"\n<p>Le 7 mars 2024, le Conseil constitutionnel a rendu sa premi\u00e8re d\u00e9cision au fond relative au contentieux des \u00e9lections s\u00e9natoriales de septembre 2023, <a href=\"https:\/\/www.conseil-constitutionnel.fr\/decision\/2024\/20236272_6277_6280SEN.htm\">la d\u00e9cision n\u00b0 2023-6272\/6277\/6280 SEN du 7 mars 2024, SEN, Moselle, M. Jean-Louis MASSON et autres<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9cision intervient apr\u00e8s le rejet par la d\u00e9cision n\u00b0 2023-6281 SEN \/ QPC du 8 d\u00e9cembre 2023 d\u2019un premier recours dirig\u00e9 contre les op\u00e9rations \u00e9lectorales organis\u00e9es dans le d\u00e9partement de la Ni\u00e8vre en vue de la d\u00e9signation de deux s\u00e9nateurs. Cette d\u00e9cision avait cependant \u00e9t\u00e9 rendue sur le fondement de l&rsquo;article 38 al. 2 de l\u2019ordonnance n\u00b0 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel :  en effet, la QPC avait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e faute de porter sur des dispositions l\u00e9gislatives pr\u00e9cis\u00e9ment identifi\u00e9es et si le requ\u00e9rant soulevaient certaines irr\u00e9gularit\u00e9s dans la conduite des op\u00e9rations \u00e9lectorales, qui auraient alt\u00e9r\u00e9 la sinc\u00e9rit\u00e9 du scrutin, ces all\u00e9gations n&rsquo;\u00e9taient pas toutefois pas assorties des pr\u00e9cisions et justifications permettant au juge de l\u2019\u00e9lection d\u2019en appr\u00e9cier la port\u00e9e. La d\u00e9cision relative au d\u00e9partement de la Moselle est donc bien la premi\u00e8re d\u00e9cision rendue au fond.<\/p>\n\n\n\n<p>Logiquement, celle-ci est accompagn\u00e9e de la publication d&rsquo;un communiqu\u00e9 de presse suivant lequel \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019issue de l\u2019instruction contradictoire \u00e0 laquelle ils ont \u00e9t\u00e9 soumis, les sept recours dont le Conseil constitutionnel demeure saisi contre les \u00e9lections du 24 septembre 2023 seront examin\u00e9s d\u2019ici la fin de ce mois de mars\u00a0\u00bb. Ces sept recours concernant les d\u00e9partements suivants : Hauts-de-Seine (deux fois), Guadeloupe, Essonne (deux fois), Jura et Fran\u00e7ais \u00e9tablis hors de France. Il ne s&rsquo;agit cependant que des recours directs contre les \u00e9lections s\u00e9natoriales : il reste en outre 19 saisines CNCCFP \u00e0 juger.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le fond, la d\u00e9cision ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;originalit\u00e9 marquante. <\/p>\n\n\n\n<p>Le premier grief tenait \u00e0 l&rsquo;apposition du nom d&rsquo;Edouard Philippe sur le bulletin de Mme Boucher, liste arriv\u00e9e pourtant seulement quatri\u00e8me et ne comportant aucun \u00e9lu. En effet, en vertu de l\u2019article L. 52-3 du code \u00e9lectoral, applicable \u00e0 l\u2019\u00e9lection des s\u00e9nateurs ainsi que le pr\u00e9voit l\u2019article L. 306 du m\u00eame code, les bulletins de vote ne peuvent pas comporter d\u2019autres noms de personne que celui du ou des candidats ou de leurs rempla\u00e7ants \u00e9ventuels. Selon les articles R. 155 et R. 170 du m\u00eame code, sont nuls et n\u2019entrent pas en compte dans le r\u00e9sultat du d\u00e9pouillement les bulletins non conformes aux dispositions de l\u2019article L. 52-3. Cependant, le Conseil constitutionnel a jug\u00e9 que la m\u00e9connaissance de ces dispositions justifie l\u2019annulation des bulletins lorsque l\u2019adjonction d\u2019un ou plusieurs noms \u00e0 ceux limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s par ce texte a \u00e9t\u00e9 susceptible d\u2019entra\u00eener une confusion dans l\u2019esprit des \u00e9lecteurs et pr\u00e9sente ainsi le caract\u00e8re d\u2019une man\u0153uvre destin\u00e9e \u00e0 abuser le corps \u00e9lectoral, solution appliqu\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises lors du contentieux ces \u00e9lections l\u00e9gislatives : on renverra ici aux articles du blog du droit \u00e9lectoral sur ce point. En l&rsquo;esp\u00e8ce, le Conseil constitutionnel juge que \u00ab\u00a0si les bulletins utilis\u00e9s par la liste de Mme BOUCHER comportaient la mention \u00ab la Moselle avec Edouard Philippe \u00bb, ni le contenu de cette mention, ni sa pr\u00e9sentation typographique n\u2019\u00e9taient de nature \u00e0 entra\u00eener une confusion dans l\u2019esprit des \u00e9lecteurs sur l\u2019identit\u00e9 des candidats se pr\u00e9sentant aux suffrages des \u00e9lecteurs\u00a0\u00bb. Il conclut que \u00ab\u00a0dans ces circonstances, pour regrettable qu\u2019elle soit, l\u2019adjonction d\u2019un nom \u00e0 ceux limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s par l\u2019article L. 52-3 pr\u00e9cit\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 de nature \u00e0 alt\u00e9rer le r\u00e9sultat du scrutin\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs le message de M. MASSON envoy\u00e9 aux \u00e9lecteurs le 22 septembre 2023 d\u00e9non\u00e7ant l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des bulletins litigieux et affirmant que ces bulletins seraient comptabilis\u00e9s comme nuls pour ce motif lors du d\u00e9pouillement, auquel Mme BOUCHER avait pu r\u00e9pliquer en temps utile en se pr\u00e9valant de la d\u00e9cision de la commission de propagande validant le bulletin de sa liste, ni le message dans le m\u00eame sens qu\u2019il a publi\u00e9 sur un r\u00e9seau social le 24 septembre 2023, en m\u00e9connaissance des dispositions de l\u2019article L. 49 du code \u00e9lectoral, \u00ab\u00a0n\u2019ont \u00e9t\u00e9, dans les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce, de nature \u00e0 alt\u00e9rer la sinc\u00e9rit\u00e9 du scrutin\u00a0\u00bb, dans la mesure o\u00f9 elle n&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 en mesure de changer les r\u00e9sultats du scrutin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contentieux direct des \u00e9lections s\u00e9natoriales n&rsquo;est en tout \u00e9tat de cause, en raison m\u00eame du mode de scrutin de celui-ci, pas celui qui se pr\u00eate le plus \u00e0 l&rsquo;annulation des \u00e9lections. Depuis 1958, si on ne prend que le contentieux direct en dehors de celui des comptes de campagne, on compte 8 annulations d&rsquo;\u00e9lections s\u00e9natoriales seulement, et 13 en comptant les annulations faisant suite \u00e0 une in\u00e9ligibilit\u00e9 pour compte de campagne. On soulignera en revanche que le contentieux des \u00e9lections s\u00e9natoriales se pr\u00eate bien \u00e0 celui \u00e0 la r\u00e9formation, puisque la seule prononc\u00e9e \u00e0 ce jour par le Conseil constitutionnel rel\u00e8ve du contentieux des \u00e9lections s\u00e9natoriales (D\u00e9cision 2014-4902 SEN &#8211; 12 f\u00e9vrier 2015 &#8211; Vaucluse &#8211; R\u00e9formation).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Romain Rambaud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Photo-CV-2-2-e1638171599147-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-18484\" width=\"213\" height=\"320\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 7 mars 2024, le Conseil constitutionnel a rendu sa premi\u00e8re d\u00e9cision au fond relative au contentieux des \u00e9lections s\u00e9natoriales de septembre 2023, la d\u00e9cision n\u00b0 2023-6272\/6277\/6280 SEN du 7 mars 2024, SEN, Moselle, M. 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