{"id":16959,"date":"2022-06-20T15:10:29","date_gmt":"2022-06-20T13:10:29","guid":{"rendered":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=16959"},"modified":"2022-06-20T15:10:29","modified_gmt":"2022-06-20T13:10:29","slug":"pas-de-majorite-stable-et-coherente-a-lassemblee-nationale-le-debut-de-la-fin-pour-le-scrutin-majoritaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=16959","title":{"rendered":"Pas de \u00ab\u00a0majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale : le d\u00e9but de la fin pour le scrutin majoritaire ? [R. Rambaud]"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"block-fafe5877-8d2f-4079-9d99-6efe927d0ad5\">Il n&rsquo;est pas utile de revenir ici en d\u00e9tails sur le s\u00e9isme politique qu&rsquo;a connu hier la V\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 la d\u00e9couverte des r\u00e9sultats du 2nd tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives, m\u00eame <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/2022\/06\/resultats-du-1er-tour-des-elections-legislatives-de-2022-quelques-remarques-de-droit-electoral-et-constitutionnel-r-rambaud\/\">si comme nous l&rsquo;indiquions dans notre article pr\u00e9c\u00e9dent consacr\u00e9 aux r\u00e9sultats du 1er tour,<\/a> un certain nombre de faits constitutionnels objectifs et pr\u00e9visibles viennent l&rsquo;expliquer : premi\u00e8re r\u00e9\u00e9lection d&rsquo;un Pr\u00e9sident sortant depuis le quinquennat et premi\u00e8re r\u00e9\u00e9lection d&rsquo;un Pr\u00e9sident sortant au suffrage universel hors cohabitation (de Gaulle ayant \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re fois \u00e9lu au suffrage universel indirect), temps particuli\u00e8rement long entre l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle (24 avril) et les \u00e9lections l\u00e9gislatives (12 juin), dynamique de campagne, pol\u00e9miques de d\u00e9but de mandat, etc.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"block-45de0fab-37ab-4e71-95d1-478bea70f8d5\"><a href=\"https:\/\/www.resultats-elections.interieur.gouv.fr\/legislatives-2022\/FE.html\">D&rsquo;apr\u00e8s le minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur, les r\u00e9sultats du second tour sont les suivants<\/a>, actant cette fois d&rsquo;une avance plus forte d&rsquo;Ensemble avec 38,57 % des suffrages exprim\u00e9s, contre 31,60 % pour la NUPES et 17,30 % pour le Rassemblement national. Ce r\u00e9sultat se traduit alors, les commentateurs l&rsquo;ont relev\u00e9, par un panorama qui pourrait presque (le scrutin majoritaire accordant tout de m\u00eame une prime) s&rsquo;apparenter \u00e0 la proportionnelle, puisqu&rsquo;avec 38,75 % des suffrages, la majorit\u00e9 obtient 244 si\u00e8ges (contre 223 \u00e0 la proportionnelle int\u00e9grale), soit une faible majorit\u00e9 relative, la NUPES obtenant 127 si\u00e8ges (182 \u00e0 la proportionnelle) et le Rassemblement National 89 si\u00e8ges (99 \u00e0 la proportionnelle).<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><\/code><\/pre>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Nuances de Candidats<\/th><th>Voix<\/th><th>% Inscrits<\/th><th>% Exprim\u00e9s<\/th><th>Nb Sieges<\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>Divers extr\u00eame gauche<\/td><td>11 229<\/td><td>0,02<\/td><td>0,05<\/td><td>\ufeff<\/td><\/tr><tr><td>Nouvelle union populaire \u00e9cologique et sociale<\/td><td>6 556 198<\/td><td>13,49<\/td><td>31,60<\/td><td>127<\/td><\/tr><tr><td>Divers gauche<\/td><td>443 282<\/td><td>0,91<\/td><td>2,14<\/td><td>22<\/td><\/tr><tr><td>Divers<\/td><td>18 295<\/td><td>0,04<\/td><td>0,09<\/td><td>1<\/td><\/tr><tr><td>R\u00e9gionaliste<\/td><td>264 779<\/td><td>0,54<\/td><td>1,28<\/td><td>10<\/td><\/tr><tr><td>Ensemble ! (Majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle)<\/td><td>8 002 419<\/td><td>16,47<\/td><td>38,57<\/td><td>244<\/td><\/tr><tr><td>Divers centre<\/td><td>99 145<\/td><td>0,20<\/td><td>0,48<\/td><td>4<\/td><\/tr><tr><td>Union des D\u00e9mocrates et des Ind\u00e9pendants<\/td><td>64 443<\/td><td>0,13<\/td><td>0,31<\/td><td>3<\/td><\/tr><tr><td>Les R\u00e9publicains<\/td><td>1 447 838<\/td><td>2,98<\/td><td>6,98<\/td><td>61<\/td><\/tr><tr><td>Divers droite<\/td><td>231 071<\/td><td>0,48<\/td><td>1,11<\/td><td>10<\/td><\/tr><tr><td>Droite souverainiste<\/td><td>19 306<\/td><td>0,04<\/td><td>0,09<\/td><td>1<\/td><\/tr><tr><td>Rassemblement National<\/td><td>3 589 465<\/td><td>7,39<\/td><td>17,30<\/td><td>89<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>\ufeff<\/th><th>Nombre<\/th><th>% Inscrits<\/th><th>% Votants<\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>Inscrits<\/td><td>48 589 360<\/td><td>\ufeff<\/td><td>\ufeff<\/td><\/tr><tr><td>Abstentions<\/td><td>26 125 084<\/td><td>53,77<\/td><td>\ufeff<\/td><\/tr><tr><td>Votants<\/td><td>22 464 276<\/td><td>46,23<\/td><td>\ufeff<\/td><\/tr><tr><td>Blancs<\/td><td>1 235 844<\/td><td>2,54<\/td><td>5,50<\/td><\/tr><tr><td>Nuls<\/td><td>480 962<\/td><td>0,99<\/td><td>2,14<\/td><\/tr><tr><td>Exprim\u00e9s<\/td><td>20 747 470<\/td><td>42,70<\/td><td>92,36<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p id=\"block-3d363a91-1fb7-4991-addd-5497d6fe8391\">S&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas ici de reprendre des analyses politologiques que tout le monde fera et mieux que le juriste auteur de ces lignes, une telle configuration permet de se poser la question de savoir si celle-ci ne marque pas le d\u00e9but de la fin pour le scrutin majoritaire. Celui-ci n&rsquo;est-il pas menac\u00e9 juridiquement, tant du point de vue jurisprudentiel, que du point de vue textuel ?<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\" id=\"block-c30c2ab7-66e2-4db1-ba71-b27fd0352afc\">Un scrutin majoritaire&#8230; constitutionnellement menac\u00e9 ?<\/h1>\n\n\n\n<p>Et si la question des effets politiques du scrutin majoritaire pouvait avoir des implications juridiques ? Pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, l&rsquo;exception fran\u00e7aise du scrutin majoritaire pourrait-elle \u00eatre menac\u00e9e juridiquement dans sa constitutionnalit\u00e9 ? La question n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait farfelue.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, comme nous l&rsquo;indiquions l\u00e0 \u00e9galement <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/2022\/06\/resultats-du-1er-tour-des-elections-legislatives-de-2022-quelques-remarques-de-droit-electoral-et-constitutionnel-r-rambaud\/\">dans notre article pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>, le scrutin majoritaire a vu sa constitutionnalit\u00e9 valid\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il favorise la constitution d&rsquo;une majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente ! Qu&rsquo;adviendrait-il alors si le scrutin majoritaire n&rsquo;\u00e9tait plus capable de remplir cet office qui est traditionnellement le sien ? Si certes, en France, le principe de pluralisme pos\u00e9 par l&rsquo;article 4 de la Constitution n&rsquo;exige pas, loin s&rsquo;en faut, de respecter le principe de proportionnalit\u00e9 entre le nombre de voix et le nombre de si\u00e8ges (\u00e0 la diff\u00e9rence d&rsquo;autres pays comme la Belgique, le Portugal, l&rsquo;Allemagne, etc.), le Conseil constitutionnel estime cependant que \u00ab\u00a0<em>S&rsquo;il est loisible au l\u00e9gislateur, lorsqu&rsquo;il fixe les r\u00e8gles \u00e9lectorales, d&rsquo;arr\u00eater des modalit\u00e9s tendant \u00e0 favoriser la constitution d&rsquo;une majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente, toute r\u00e8gle qui, au regard de cet objectif, affecterait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre \u00e9lecteurs ou candidats dans une mesure disproportionn\u00e9e, m\u00e9conna\u00eetrait le principe du pluralisme des courants d&rsquo;id\u00e9es et d&rsquo;opinions, lequel est un fondement de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb,<\/em> consid\u00e9rant alors s&rsquo;agissant du mode de scrutin actuel aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, que \u00ab\u00a0<em>ces dispositions, qui tendent \u00e0 favoriser la constitution d&rsquo;une majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, n&rsquo;affectent pas l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre \u00e9lecteurs ou candidats dans une mesure disproportionn\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"https:\/\/www.conseil-constitutionnel.fr\/decision\/2017\/20174977QPC_AN.htm\">Conseil constitutionnel, D\u00e9cision n\u00b0 2017-4977 QPC \/ AN du 7 ao\u00fbt 2017, A.N., Gard (6\u00e8me circ.) M. Rapha\u00ebl BELA\u00cfCHE<\/a>). Priv\u00e9 de son fondement constitutionnel, le scrutin majoritaire pourrait-il \u00eatre remis en question par le Conseil constitutionnel ?<\/p>\n\n\n\n<p>A ce stade, il semble que nous en sommes tr\u00e8s loin, m\u00eame si la question n&rsquo;est pas que th\u00e9orique puisqu&rsquo;un protestataire pourrait tr\u00e8s bien, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un contentieux \u00e9lectoral, former (de nouveau) une QPC contre l&rsquo;article L. 123 du code \u00e9lectoral, quand bien m\u00eame celle-ci serait sans doute vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&rsquo;abord, car de s\u00e9rieux probl\u00e8mes de recevabilit\u00e9 de cette QPC se poseraient, le Conseil constitutionnel ayant examin\u00e9 cette question en 2017. Il faudrait d\u00e8s lors que ce dernier admette un changement de circonstances de fait (aucun changement de circonstance de droit n&rsquo;\u00e9tant r\u00e9ellement intervenu depuis 2017 sauf peut-\u00eatre la formulation de principe sur la reconnaissance de la sinc\u00e9rit\u00e9 du scrutin comme d\u00e9coulant de l&rsquo;article 3 de la Constitution par <a href=\"https:\/\/www.conseil-constitutionnel.fr\/decision\/2018\/2018773DC.htm\">la d\u00e9cision n\u00b0 2018-773 DC du 20 d\u00e9cembre 2018<\/a>, sans que cela ne paraisse suffisant en l&rsquo;esp\u00e8ce au regard du probl\u00e8me consid\u00e9r\u00e9) du fait de ces nouveaux r\u00e9sultats. Il y aurait cependant l\u00e0 une audace peu commune.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, il est probablement excessif de consid\u00e9rer aujourd&rsquo;hui, m\u00eame si cela conduit \u00e0 nuancer, que ce mode de scrutin en g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;a pas cet effet. Au demeurant, il serait possible au Conseil constitutionnel <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/2019\/10\/elections-europeennes-le-conseil-constitutionnel-valide-le-seuil-de-5-r-rambaud\/\">de se raccrocher ici \u00e0 la solution adopt\u00e9e pour les \u00e9lections europ\u00e9ennes, par nature moins \u00e9vidente que pour les \u00e9lections l\u00e9gislatives fran\u00e7aises (voir ici les articles consacr\u00e9s \u00e0 cette question en 2019).<\/a> Dans sa d\u00e9cision n\u00b02019-811 QPC du 25 octobre 2019, le Conseil constitutionnel a valid\u00e9 le seuil de 5% des suffrages exprim\u00e9s pour \u00eatre admis aux si\u00e8ges dans le cadre des \u00e9lections europ\u00e9ennes, consid\u00e9rant que les mots \u00ab ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprim\u00e9s \u00bb figurant \u00e0 la premi\u00e8re phrase du deuxi\u00e8me alin\u00e9a de l&rsquo;article 3 de la loi n\u00b0 77-729 du 7 juillet 1977 relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection des repr\u00e9sentants au Parlement europ\u00e9en, dans sa r\u00e9daction r\u00e9sultant de la loi n\u00b0 2018-509 du 25 juin 2018 relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection des repr\u00e9sentants au Parlement europ\u00e9en, sont conformes \u00e0 la Constitution. Il avait estim\u00e9 que le l\u00e9gislateur \u00ab\u00a0<em>a entendu contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence et \u00e0 la consolidation de groupes politiques europ\u00e9ens de dimension significative. Ce faisant, il a cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9viter une fragmentation de la repr\u00e9sentation qui nuirait au bon fonctionnement du Parlement europ\u00e9en. Ainsi, m\u00eame si la r\u00e9alisation d&rsquo;un tel objectif ne peut d\u00e9pendre de l&rsquo;action d&rsquo;un seul \u00c9tat membre, le l\u00e9gislateur \u00e9tait fond\u00e9 \u00e0 arr\u00eater des modalit\u00e9s d&rsquo;\u00e9lection tendant \u00e0 favoriser la constitution de majorit\u00e9s permettant au Parlement europ\u00e9en d&rsquo;exercer ses pouvoirs l\u00e9gislatifs, budg\u00e9taires et de contr\u00f4le<\/em>\u00ab\u00a0. D\u00e8s lors, cette formulation plus souple permettait d&rsquo;accepter que le mode de scrutin majoritaire, s&rsquo;il ne garantit plus la constitution de majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente, garde quand m\u00eame pour vertu de la favoriser un peu&#8230; comme le montrent malgr\u00e9 tout les r\u00e9sultats de la pr\u00e9sente \u00e9lection l\u00e9gislative de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi sauver, sur le plan de la jurisprudence constitutionnelle, le scrutin majoritaire&#8230; Le danger pourrait alors venir d&rsquo;une r\u00e9vision textuelle.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Un scrutin majoritaire&#8230; menac\u00e9 par la r\u00e9forme des institutions ?<\/h1>\n\n\n\n<p>Il y avait \u00e9galement <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/2022\/06\/resultats-du-1er-tour-des-elections-legislatives-de-2022-quelques-remarques-de-droit-electoral-et-constitutionnel-r-rambaud\/\">\u00e9t\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence dans notre article pr\u00e9c\u00e9dent.<\/a> Puisque les donn\u00e9es politiques surd\u00e9terminent et pr\u00e9c\u00e8dent le plus souvent les modifications juridiques, les r\u00e9sultats du second tour d&rsquo;hier ne pr\u00e9c\u00e8dent-il pas une \u00e9volution juridique, rendue d\u00e9sormais possible par la configuration de l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale ?<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/2022\/06\/reforme-des-institutions-les-annonces-demmanuel-macron-a-la-pqr-r-rambaud\/\">Comme nous l&rsquo;avions indiqu\u00e9 dans un autre article pr\u00e9c\u00e9dent,<\/a> il faut avoir en t\u00eate ici les annonces d&rsquo;Emmanuel Macron \u00e0 la PQR avant le premier tour. La plus importante des annonces effectu\u00e9es est la mise en place d&rsquo;un Conseil National de la Refondation, qui se veut caract\u00e9ristique de la \u00ab\u00a0nouvelle m\u00e9thode\u00a0\u00bb pr\u00e9conis\u00e9e par Emmanuel Macron pendant la campagne pr\u00e9sidentielle. Ce dernier a annonc\u00e9 en effet que pour mettre en place ses promesses de campagne et notamment porter \u00ab\u00a0<em>la renaissance d\u00e9mocratique avec la r\u00e9forme institutionnelle\u00a0\u00bb<\/em>, sa volont\u00e9 de <em>\u00ab\u00a0r\u00e9unir un Conseil national de la refondation, avec les forces politiques, \u00e9conomiques, sociales, associatives, des \u00e9lus des territoires et de citoyens tir\u00e9s au sort. Il faut rassembler la nation autour de ces priorit\u00e9s. Ce conseil, que je lancerai moi-m\u00eame, sera enclench\u00e9 d\u00e8s apr\u00e8s les l\u00e9gislatives. Je souhaite que la Premi\u00e8re ministre et son gouvernement puissent le faire vivre\u00a0\u00bb<\/em>. La prochaine r\u00e9forme des institutions sera donc pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une longue phase de maturation avec les parties prenantes, laquelle fera une place importante \u00e0 la d\u00e9mocratie participative. <\/p>\n\n\n\n<p><em>MAJ : Cependant, on apprenait, peu apr\u00e8s la r\u00e9daction de cet article, le \u00ab\u00a0report\u00a0\u00bb de ce Conseil National de la Refondation, sans doute pour \u00e9viter trop imm\u00e9diatement une concurrence avec le Parlement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a indiqu\u00e9 qu&rsquo;il mettra en place la commission transpartisane promise durant la campagne d\u00e8s cet automne. Celle-ci sera charg\u00e9e de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la r\u00e9forme institutionnelle, sachant \u00e9videmment que dans cette optique les \u00e9lections s\u00e9natoriales de 2023 auront une importance \u00e9quivalente aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de juin 2022 eu \u00e9gard aux r\u00e8gles de l&rsquo;article 89 de la Constitution.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a annonc\u00e9 vouloir avancer sur la question de la proportionnelle. Il estime ainsi, concernant l&rsquo;abstention, que <em>\u00a0\u00bb Toutes les d\u00e9mocraties sont concern\u00e9es. Je vois un paradoxe dans nos soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 la volont\u00e9 de s\u2018exprimer est tr\u00e8s forte mais avec une d\u00e9saffection pour les \u00e9lections\u00a0\u00bb<\/em>, et que pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me <em>\u00ab\u00a0Il faut redonner de la vitalit\u00e9 \u00e0 notre d\u00e9bat d\u00e9mocratique. C\u2019est pour cela que je veux ouvrir la question de la proportionnelle. Je souhaite lancer cette r\u00e9forme \u00e0 l\u2019automne et avoir les conclusions, d\u00e8s 2023\u00a0\u00bb<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;annonce n&rsquo;est pas neutre sur le plan juridique. Il faut souligner ici que le mode de scrutin des \u00e9lections l\u00e9gislatives rel\u00e8ve de la seule loi ordinaire (art. 34 de la Constitution, d\u00e9cisions du Conseil constitutionnel n\u00b062-20 L du 4 d\u00e9cembre 1962 et n\u00b086-208 DC du 02 juillet 1986). Cela signifie-t-il qu&rsquo;\u00e0 la diff\u00e9rence des textes de la r\u00e9forme des institutions de 2018 et 2019 qui traitaient tous les sujets en m\u00eame temps (projet de loi constitutionnelle, projet de loi organique, et projet de loi ordinaire) ce qui eut pour effet de rendre la r\u00e9forme trop difficile \u00e0 obtenir, la proportionnelle pourrait prendre le chemin d&rsquo;une loi ordinaire pr\u00e9sent\u00e9e seule, ce qui aura pour effet d&rsquo;augmenter tr\u00e8s fortement ses chances d&rsquo;adoption ? Il s&rsquo;agirait l\u00e0 d&rsquo;une excellente id\u00e9e, que nous avons d\u00e9fendu pr\u00e9c\u00e9demment dans notre ouvrage <em><a href=\"https:\/\/editionspo.fr\/livre\/b-refonder-la-veme-republique-en-2022-b-br-i-pour-une-deradicalisation-du-regime-representatif-francais-i\">Refonder la V\u00e8me R\u00e9publique : pour une d\u00e9radicalisation du r\u00e9gime repr\u00e9sentatif fran\u00e7ais<\/a><\/em> (2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle hypoth\u00e8se pourrait se combiner avec cette id\u00e9e de dissolution \u00e9voqu\u00e9e dans diff\u00e9rents m\u00e9dias ces derniers jours. Si effectivement <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/checknews\/legislatives-emmanuel-macron-pourrait-il-dissoudre-lassemblee-nationale-immediatement-apres-le-second-tour-20220615_Y4VB6SMMNNFSVEP3IEGW25VMNE\/\">il ne nous semble pas, \u00e0 la diff\u00e9rence de ce qui vaut en cas de premi\u00e8re dissolution (art. 12 de la Constitution), qu&rsquo;il soit interdit de dissoudre l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale dans l&rsquo;ann\u00e9e suivant les \u00e9lections l\u00e9gislatives g\u00e9n\u00e9rales<\/a>, une telle perspective n&rsquo;aurait gu\u00e8re de sens politiquement, sauf s&rsquo;il s&rsquo;agissait alors de proposer la mise en place, \u00e0 moyen terme, d&rsquo;une r\u00e9forme institutionnelle adopt\u00e9e peu auparavant. Cela permettrait alors, si la configuration politique s&rsquo;y pr\u00eate, de rebattre les cartes. Par ailleurs dans un tel cas, beaucoup de choses d\u00e9pendraient alors du syst\u00e8me choisi, et des tractations l&rsquo;ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Mais une dissolution n&rsquo;aurait, nous semble-t-il, de sens qu&rsquo;\u00e0 cette condition l\u00e0, c&rsquo;est \u00e0 dire appliquer une r\u00e9forme du mode de scrutin des \u00e9lections l\u00e9gislatives. <\/p>\n\n\n\n<p>Reste la question fondamentale de savoir si le Gouvernement prendrait un tel risque qui pourrait, pour lui, conduire \u00e0 une situation plus probl\u00e9matique encore par la suite&#8230; Et si ce dernier ne va pas, comme les autres avant lui, reculer devant une telle perspective pour conserver le peu de confort qu&rsquo;il a.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u00e9pendra en r\u00e9alit\u00e9 de la pratique institutionnelle \u00e0 venir. Dans une perspective optimiste, on peut imaginer que le pays, malgr\u00e9 l&rsquo;absence de 49 al. 3, sera gouvernable, par la construction malgr\u00e9 tout de majorit\u00e9s m\u00eame au coup par coup. Mais une hypoth\u00e8se pessimiste existe aussi, celle que tous les camps, conscient que le deuxi\u00e8me mandat d&rsquo;Emmanuel Macron sera le dernier, jouent le pourrissement et que le pays soit r\u00e9ellement ingouvernable. Et l&rsquo;hypoth\u00e8se est s\u00e9rieuse. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas de figure, il existe une solution pour sortir de cette situation par le haut : abandonner enfin l&rsquo;exception fran\u00e7aise du scrutin majoritaire, inefficace au regard de la tripartition de la vie politique, au profit d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e9lectoral mixte int\u00e9grant scrutin majoritaire et proportionnel, faisant l&rsquo;objet d&rsquo;un consensus politique suffisant ; puis, si cela s&rsquo;av\u00e8re n\u00e9cessaire ou utile, proc\u00e9der \u00e0 une dissolution permettant de r\u00e9tablir un syst\u00e8me politique sur des bases plus saines, sur la base du nouveau mode de scrutin.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h1>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s souvent, nous disposons d\u00e9j\u00e0 des ressources intellectuelles, par la recherche et la comparaison notamment : nous savons ce que nous pourrions et devrions faire. C&rsquo;est le cas pour le mode de scrutin des \u00e9lections l\u00e9gislatives en France. Tr\u00e8s souvent, c&rsquo;est le manque de volont\u00e9 politique qui  conduit \u00e0 l&rsquo;inaction, par volont\u00e9 de pr\u00e9server l&rsquo;acquis et le confort. Il se trouve ici que les circonstances pourraient pousser au mouvement : enfin !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Romain Rambaud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Photo-CV-2-2-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7600\" width=\"331\" height=\"496\"\/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;est pas utile de revenir ici en d\u00e9tails sur le s\u00e9isme politique qu&rsquo;a connu hier la V\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 la d\u00e9couverte des r\u00e9sultats du 2nd tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives, m\u00eame si comme nous l&rsquo;indiquions dans notre article pr\u00e9c\u00e9dent consacr\u00e9 aux r\u00e9sultats du 1er tour, un certain nombre de faits constitutionnels objectifs et pr\u00e9visibles viennent &hellip; <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=16959\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Pas de \u00ab\u00a0majorit\u00e9 stable et coh\u00e9rente\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale : le d\u00e9but de la fin pour le scrutin majoritaire ? [R. 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