{"id":1306,"date":"2015-05-28T13:53:33","date_gmt":"2015-05-28T11:53:33","guid":{"rendered":"http:\/\/droitelectoral.blog.lemonde.fr\/?p=1306"},"modified":"2015-05-28T13:53:33","modified_gmt":"2015-05-28T11:53:33","slug":"28052015-le-financement-de-la-vie-politique-intervention-lors-du-college-de-droit-de-la-faculte-de-droit-de-grenoble-r-rambaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=1306","title":{"rendered":"28\/05\/2015 : Le financement de la vie politique. Intervention lors du coll\u00e8ge de droit de la facult\u00e9 de droit de Grenoble [R.Rambaud]"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La facult\u00e9 de droit de Grenoble a une sp\u00e9cificit\u00e9. Elle pr\u00e9pare en effet \u00e0 un dipl\u00f4me universitaire (DU), dit Coll\u00e8ge de droit. Le dipl\u00f4me Coll\u00e8ge de droit a pour objet de proposer des enseignements ouvrant la formation des \u00e9tudiants concern\u00e9s sur le droit compar\u00e9, l&rsquo;environnement institutionnel et social, la transversalit\u00e9 juridique ou encore sur des comp\u00e9tences extra-juridiques utiles \u00e0 la vie professionnelle.\u00a0<a href=\"http:\/\/droit.upmf-grenoble.fr\/formations\/diplome-d-universite-college-de-droit--152919.htm\">Cette formation est destin\u00e9e uniquement aux \u00e9tudiants de la Facult\u00e9 de droit de Grenoble ayant obtenu les meilleurs r\u00e9sultats.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette formation est aussi l&rsquo;occasion de donner \u00e0 nos \u00ab\u00a0meilleurs\u00a0\u00bb \u00e9tudiants des formations diversifi\u00e9es, en lien notamment avec les th\u00e8mes de recherche des enseignants-chercheurs de la facult\u00e9. Dans ce cadre, j&rsquo;ai eu le plaisir de donner ce matin un s\u00e9minaire sur le financement de la vie politique, une synth\u00e8se du droit positif et des d\u00e9veloppements sur les probl\u00e9matiques actuelles du droit \u00e9lectoral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous trouverez ce texte ci-dessous et en t\u00e9l\u00e9chargement ici : <a href=\"http:\/\/droitelectoral.blog.lemonde.fr\/files\/2015\/05\/Romain-Rambaud-le-financement-de-la-vie-politique-synth\u00e8se-et-probl\u00e9matiques-actuelles1.pdf\">Romain Rambaud, le financement de la vie politique, synth\u00e8se et probl\u00e9matiques actuelles<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Romain Rambaud<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Romain Rambaud<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Intervention coll\u00e8ge de droit<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le financement de la vie politique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Synth\u00e8se et probl\u00e9matiques actuelles<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les affaires politico-financi\u00e8res semblent se multiplier depuis 1 ou 2 ans\u00a0: financement lybien suppos\u00e9 de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, affaire Bygmalion, affaire de la p\u00e9nalit\u00e9 financi\u00e8re, financi\u00e8re occulte du Front National par l\u2019interm\u00e9diaire du micro-parti Jeanne, etc. Toutes ces affaires posent la question de l\u2019encadrement juridique du financement de la vie politique en France\u00a0: c\u2019est un point important de la recherche, qui m\u00e9rite de faire l\u2019objet d\u2019une pr\u00e9sentation car il n\u2019est pas souvent enseign\u00e9 en France. On peut donc faire ici une initiation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On va le voir, il semble que le syst\u00e8me fran\u00e7ais ait des difficult\u00e9s aujourd\u2019hui, sur de nombreuses th\u00e9matiques, \u00e0 encaisser les \u00e9volutions du droit \u00e9lectoral et notamment de la propagande \u00e9lectorale. Sans \u00eatre \u00e0 bout de souffle, le syst\u00e8me a tendance \u00e0 craquer \u00e0 de multiples points. La d\u00e9mocratie continue constitue un v\u00e9ritable challenge pour le droit \u00e9lectoral actuel. C\u2019est cette hypoth\u00e8se que l\u2019on voudrait explorer ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Historique.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette mati\u00e8re, <strong>la Grande-Bretagne fait figure de pionnier.<\/strong> D\u00e8s 1883 en effet, elle se dote d&rsquo;un dispositif de plafonnement des d\u00e9penses \u00e9lectorales. Une loi de 1949, modifi\u00e9e en 1961 et en 1983, r\u00e9glemente ce plafonnement qui varie suivant les circonscriptions et les \u00e9lections. <strong>Les Etats-Unis<\/strong> avaient adopt\u00e9 un syst\u00e8me d\u2019encadrement d\u00e8s 1972, tr\u00e8s assoupli par un arr\u00eat de la Cour supr\u00eame de 2010.\u00a0 <strong>Le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 en Europe \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70<\/strong>\u00a0: l\u2019Italie se dote d\u2019un syst\u00e8me de financement de la vie politique par une loi du 2 mai 1974, l\u2019Espagne en 1985, la Belgique en 1989. Les syst\u00e8mes mis en place sont cependant tr\u00e8s variable\u00a0: notamment, la question de la participation des personnes morales de droit priv\u00e9 au financement de la vie politique fait l\u2019objet de r\u00e9ponses tr\u00e8s variables selon les pays\u00a0: il est par exemple autoris\u00e9 aux Etats-Unis, en Italie, au Royaume-Uni. En France, il a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 tr\u00e8s peu de temps, le syst\u00e8me fran\u00e7ais aujourd\u2019hui \u00e9tant particuli\u00e8rement administratif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Longtemps rest\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de ce mouvement, instruite par ces pr\u00e9c\u00e9dents \u00e9trangers et sous la contrainte de ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler \u00ab\u00a0les affaires\u00a0\u00bb, <strong>la France a adopt\u00e9 en 1988 un syst\u00e8me extr\u00eamement sophistiqu\u00e9<\/strong>. Par les lois organique <em>(L. org. n\u00b0 88-226 : Journal Officiel 12 Mars 1988)<\/em> et ordinaire <em>(L. n\u00b0 88-227 : Journal Officiel 12 Mars 1988)<\/em> <strong>du 11 mars 1988,<\/strong> relatives \u00e0 la transparence financi\u00e8re de la vie politique, elle a mis en place un dispositif destin\u00e9 \u00e0 r\u00e9glementer le financement des campagnes \u00e9lectorales et des partis politiques et \u00e0 v\u00e9rifier l&rsquo;\u00e9volution des patrimoines de nombre d&rsquo;\u00e9lus, de dirigeants politiques et du secteur public. Il y avait certes eu des tentatives mais elles avaient \u00e9chou\u00e9es\u00a0: de 1958 \u00e0 1988, 20 propositions de lois sur cette question avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es et un seul projet de loi en 1979. <strong>Pour ce qui concerne l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle,<\/strong> ces lois sont venues modifier la loi du 6 novembre 1962 relative \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle\u00a0: en effet, il faut insister sur le fait que le Code \u00e9lectoral ne s\u2019applique pas en tant que tel \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, qui fait l\u2019objet d\u2019un droit \u00e9lectoral sp\u00e9cial, contenu dans la loi du 6 novembre 1962 relative \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>L\u2019adoption de la loi de 1988 s\u2019est r\u00e9alis\u00e9e sous le poids des circonstances. <\/strong>Alors que les m\u00e9thodes de communication politique commen\u00e7aient \u00e0 se d\u00e9velopper, les ressources des partis s\u2019av\u00e9raient insuffisantes. Les moyens de financement occulte, plus ou moins l\u00e9gaux, ont donc commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper. Certains de ces moyens n\u2019\u00e9taient pas franchement ill\u00e9gaux\u00a0: mise \u00e0 disposition de moyens mat\u00e9riels ou humains par des entreprises, des syndicats ou des administrations, utilisation des fonds secrets pr\u00e9vus au b\u00e9n\u00e9fice du premier ministre, d\u00e9tournement de subventions locales. D\u2019autres \u00e9taient franchement ill\u00e9gaux, comme le recours \u00e0 des bureaux d\u2019\u00e9tudes financ\u00e9s\u00a0: les \u00e9tudes \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 la demande des collectivit\u00e9s locales, et les entrepreneurs \u00e9taient fortement incit\u00e9s \u00e0 passer par ces bureaux d\u2019\u00e9tudes pour obtenir des march\u00e9s publics\u2026 Ensuite ces bureaux d\u2019\u00e9tudes reversaient l\u2019argent aux formations politiques ou leur accordaient leur concours, pratique qui consistait donc en un d\u00e9tournement des r\u00e8gles relatives au march\u00e9 public. Egalement les fausses factures \u00e9taient largement pratiqu\u00e9es, en \u00e9change de services \u00e0 venir. L\u2019ensemble de ces pratiques pouvaient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des abus de bien sociaux au sens p\u00e9nal. Beaucoup de pratiques ill\u00e9gales se d\u00e9veloppaient par ailleurs en mati\u00e8re de march\u00e9 public et d\u2019attribution des autorisations d\u2019urbanisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Ces ph\u00e9nom\u00e8nes se d\u00e9velopperont avec l\u2019extension de la d\u00e9centralisation \u00e0 partir de 1982\u00a0<\/strong>: la d\u00e9centralisation a multipli\u00e9 les hypoth\u00e8ses possibles de corruption, et par ailleurs, les structures locales sont beaucoup moins fortes pour dissimuler ces pratiques, ce qui fait que de nombreuses affaires ont \u00e9clat\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>L\u2019adoption de la loi de 1988 survient alors du fait des circonstances. <\/strong>En effet, beaucoup d\u2019\u00e9lections seront organis\u00e9es sur une p\u00e9riode de temps tr\u00e8s courte\u00a0: on a vu l\u2019organisation d\u2019\u00e9lections cantonales, europ\u00e9ennes et l\u00e9gislatives en 1986, puis l\u2019organisation de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1988\u00a0: face \u00e0 cet afflux de d\u00e9penses, les formations politiques ont pris plus de risques. Par ailleurs, l\u2019alternance, puis les cohabitations, conduisent les hommes politiques \u00e0 faire sortir des affaires concernant leurs concurrents. Trois affaires vont d\u00e9clencher l\u2019adoption de la loi\u00a0de 1988 : les activit\u00e9s d\u2019une association, Carrefour du d\u00e9veloppement, qui d\u00e9tournait de l\u2019argent consacr\u00e9 au Tiers-Monde au profit d\u2019activit\u00e9s politiques, l\u2019affaire des ventes d\u2019armes de la soci\u00e9t\u00e9 Luchaire concernant des ventes d\u2019armes \u00e0 l\u2019Iran alors sous embargo dont une partie de l\u2019argent aurait \u00e9t\u00e9 revers\u00e9 au parti socialiste r\u00e9v\u00e9l\u00e9e en 1986-1987, \u00a0\u00e0 partir de laquelle Mitterrand a commenc\u00e9 \u00e0 appeler \u00e0 l\u2019adoption d\u2019un projet de loi, et enfin le r\u00e9seau de financement organis\u00e9 par URBA, un bureau d\u2019\u00e9tude au service du PS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Le 11 mars 1988 sont donc adopt\u00e9es les deux lois, ordinaire et organique, relatives au financement de la vie publique. <\/strong>Cette loi a bien adopt\u00e9e la structure g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9difice mais le texte selon largement compl\u00e9t\u00e9. En 1988, plusieurs principes sont pos\u00e9s\u00a0: les partis politiques obtiennent une forme de statut, un financement public des partis politiques est pr\u00e9vu en fonction du nombre de parlementaires \u00e9lus, les comptes des partis politiques doivent \u00eatre certifi\u00e9s\u2026 Le dispositif est assez faible.<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me retenu au d\u00e9part, l\u2019argent venait simplement de l\u2019Etat en fonction du nombre de parlementaires, s\u00e9nateurs ou d\u00e9put\u00e9s. <strong>Ce syst\u00e8me \u00e9tait extr\u00eamement sommaire et extr\u00eamement critiqu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part, car il avantageait les partis d\u00e9j\u00e0 repr\u00e9sent\u00e9s. \u00a0<\/strong>Par ailleurs, le financement priv\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas interdit\u00a0: 20000 francs pour une personne physique et 50000 francs pour une personne morale.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>On trouve dans cette loi des dispositifs de plafonnement des d\u00e9penses \u00e9lectorales et des dons des personnes morales et physiques. <\/strong>Ainsi l\u2019article L0\u00a0163-1 du code \u00e9lectoral pr\u00e9voit que les d\u00e9put\u00e9s doivent tenir un compte de campagne pour la p\u00e9riode des trois mois qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00e9lection qui retrace l\u2019ensemble des recettes et l\u2019ensemble des <em>\u00ab\u00a0d\u00e9penses effectu\u00e9es en vue de son \u00e9lection\u00a0\u00bb. <\/em>La loi fixe un plafond \u00e0 500.000 euros, ce compte est d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9fecture, pr\u00e9sent\u00e9 par un expert-comptable, accompagn\u00e9 des pi\u00e8ces jusficatives, etc. La contrepartie de ce m\u00e9canisme r\u00e9sidait dans l\u2019obligation faite \u00e0 chaque candidat de d\u00e9poser en pr\u00e9fecture un compte de campagne dans un d\u00e9lai d\u2019un mois \u00e0 compter de l\u2019\u00e9lection, faute de quoi il devenait automatiquement in\u00e9ligible sans m\u00eame l\u2019intervention d\u2019un juge, mais le syst\u00e8me ne pr\u00e9voyait pas vraiment ce qu\u2019il se passait en cas de d\u00e9penses excessives par exemple ou de d\u00e9penses ill\u00e9gales. \u00a0<strong>Ce syst\u00e8me \u00e9tait donc r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9lection l\u00e9gislative et aussi \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle\u00a0: la loi organique de 1962 reprenait ce syst\u00e8me en pr\u00e9voyant une dur\u00e9e pour le compte de campagne de six mois au lieu de trois mois et un plafond de 120 millions de francs, le compte de campagne \u00e9tant transmis au Conseil constitutionnel. Un syst\u00e8me de remboursement forfaitaire<\/strong> des d\u00e9penses de campagne \u00e9tait pr\u00e9vu pour les candidats d\u00e9passant 5% des suffrages exprim\u00e9s, dans la limite de 1\/20 des d\u00e9penses de campagne de campagne, conditionn\u00e9 au respect des obligations l\u00e9gales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Cependant, tr\u00e8s rapidement, et toujours sous la pression des affaires, <strong>le syst\u00e8me est modifi\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises avec de nombreuses lois\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>En 1990, dans le contexte de l\u2019affaire URBA se poursuivant, <\/strong>avec la loi ordinaire n\u00b0 90-55 du 15 janvier 1990, relative \u00e0 la limitation des d\u00e9penses \u00e9lectorales et \u00e0 la clarification du financement des activit\u00e9s politiques <em>(Journal Officiel 16 Janvier 1990)<\/em> et la loi organique n\u00b0 90-383 du 10 mai 1990, relative au financement de la campagne en vue de l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et de celle des d\u00e9put\u00e9s <em>(Journal Officiel 11 Mai 1990)<\/em>. <strong>Ces lois seront absolument fondamentales car elles vont mettre en place\u00a0plusieurs dispositifs : <\/strong>le principe du plafonnement des d\u00e9penses \u00e9lectorales et l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un compte de campagne avec un mandataire financier pour toutes les \u00e9lections, la cr\u00e9ation de la CNCCFP comp\u00e9tente pour toutes les \u00e9lections sauf l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle pour laquelle le Conseil constitutionnel est comp\u00e9tent, la cr\u00e9ation de sanctions p\u00e9nales et de sanction d\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 en cas de violation de la r\u00e8glementation, la r\u00e9forme du syst\u00e8me de financement des partis avec le m\u00e9canisme de la double aide, le syst\u00e8me d\u2019association de financement pour les partis politiques avec la mise en place d\u2019un syst\u00e8me d\u2019agr\u00e9ment. <strong>La loi de 1990 a donc une importance fondamentale puisque c\u2019est sa structure du dispositif actuel. <\/strong>Elle pr\u00e9voyait enfin un syst\u00e8me d\u2019encadrement des dons\u00a0: l\u2019article L52-8 limitait les dons des personnes physiques \u00e0 30.000 francs et celui des personnes morales \u00e0 10 p. 100 du plafond des d\u00e9penses \u00e9lectorales dans la limite de 500 000 francs. C\u2019est ce point qui va \u00eatre le plus modifi\u00e9 par la suite.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>En 1993<\/strong>, la loi n\u00b0 93-122 du 29 janvier 1993, relative \u00e0 la pr\u00e9vention de la corruption et \u00e0 la transparence de la vie \u00e9conomique et des proc\u00e9dures publiques (<em>Journal Officiel 30 Janvier 1993<\/em>), la loi SAPIN, avait chang\u00e9 le syst\u00e8me en mettant en place un dispositif de transparence sur le financement de la vie politique par des personnes morales. En effet, la liste exhaustive des personnes morales ayant consenti des dons devaient \u00eatre publi\u00e9e au journal officiel, cette liste comportait le nom du candidat b\u00e9n\u00e9ficiaire, celui de la personne morale et le montant du versement. Une premi\u00e8re publication fut r\u00e9alis\u00e9 le 12 avril 1994 mais cela ne dura pas car le syst\u00e8me changea d\u00e8s 1995. En 1993, 400 millions de francs avaient \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s par les personnes morales. C\u2019\u00e9tait 580 millions de francs en 1994. Le gouvernement souhaitait l\u2019interdiction pure et simple mais elle ne fut pas adpt\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Mais tout changea en 1995.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>En effet, de nouvelles affaires vont \u00e9clater en 1994 <\/strong>apr\u00e8s la d\u00e9mission de trois ministres dugouvernement d&rsquo;Edouard Balladur\u00a0mis en cause dans des affaires politico-financi\u00e8res\u00a0:\u00a0Alain Carignon,\u00a0Michel Roussin\u00a0et\u00a0G\u00e9rard Longuet. <strong>Avec les diff\u00e9rentes lois du 19 janvier 1995<\/strong> (<em> org. n\u00b0 95-62<\/em>, modifiant diverses dispositions relatives \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et \u00e0 celles des d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale : <em>Journal Officiel 20 Janvier 1995<\/em>. &#8211; <em>L. ordinaire n\u00b0 95-63<\/em>, relative \u00e0 la d\u00e9claration de patrimoine des membres du Parlement notamment : <em>Journal Officiel 20 Janvier 1995<\/em>. &#8211; <em>L. ordinaire n\u00b0 95-65<\/em>, relative au financement de la vie politique : <em>Journal Officiel 21 Janvier 1995<\/em>, loi organique n\u00b0 95-72 relative au financement de la campagne en vue de l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident <em>(Journal Officiel 24 Janvier 1995)<\/em>, le financement par les personnes morales va \u00eatre strictement interdit ce qui fait qu\u2019en France le financement de la vie politique est quasiment int\u00e9gralement public, ce qui est un aspect tout \u00e0 fait fondamental du syst\u00e8me.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le syst\u00e8me n\u2019a pas fondamentalement chang\u00e9, avec quelques ajustements. Le point le plus important ici <strong>est la loi organique n\u00b0 2006-404 du 5 avril 2006, relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique<\/strong> <em>(Journal Officiel 6 Avril 2006)<\/em>. Celle-ci en effet a transf\u00e9r\u00e9 le contr\u00f4le des comptes de campagne de la pr\u00e9sidentielle \u00e0 la CNCCFP elle-m\u00eame, le Conseil constitutionnel n\u2019intervient plus que sur recours \u00e0 l\u2019initiative du candidat, comme ce fut le cas pour le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>On peut noter aussi <\/strong><strong>les lois relatives \u00e0 la transparence de la vie publique<\/strong> (loi organique n\u00b0 2013-906 et loi n\u00b0 2013-907 du 11 octobre 2013). Son \u00e9tude s\u2019est jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent concentr\u00e9e, \u00e0 juste titre, sur les dispositions relatives aux obligations de transparence s\u2019imposant au personnel politique. Un autre aspect peut retenir l\u2019attention : les dispositions relatives au financement de la vie politique qui visent en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 lutter contre les \u00ab\u00a0micro-partis\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e9cis\u00e9ment les articles 13 \u00e0 18 de la loi n\u00b0 2013-907.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Structure<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui, le syst\u00e8me fondamentalement est divis\u00e9 en deux blocs\u00a0: le financement des campagnes \u00e9lectorales (I) et le financement des partis politiques (II). Il y a des liens entre les deux mais ce sont effectivement les deux blocs fondamentaux aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I.\u00a0<strong>Le financement des campagnes \u00e9lectorales<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 les textes (A) et des exemples de jurisprudence (B), on \u00e9tudiera quelques donn\u00e9es pratiques (C).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A.\u00a0<strong>Les textes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Les dispositions pertinentes se trouvent aujourd\u2019hui dans le code \u00e9lectoral, aux articles L. 52-4 du Code \u00e9lectoral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>L\u2019article L. 52-4 du Code \u00e9lectoral, accompagn\u00e9 de l\u2019article L52-12,<\/strong> pr\u00e9voit le principe de la d\u00e9signation d\u2019un mandataire et de la tenue d\u2019un compte de campagne, qui va retracer toutes les d\u00e9penses et toutes les recettes du candidat \u00e0 une \u00e9lection dans l\u2019ann\u00e9e qui pr\u00e9c\u00e8de cette \u00e9lection. Ces dispositions sont applicables \u00e0 toutes les \u00e9lections, sauf les \u00e9lections municipales dans les communes de moins de 9000 habitants, pour lesquelles le principe du compte de campagne n\u2019est pas obligatoire. Ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment \u00e9tendu aux \u00e9lections s\u00e9natoriales par la loi du 14 avril 2011 ayant modifi\u00e9 l\u2019article L. 308-1 du Code \u00e9lectoral. Les premiers contentieux ont eu lors des derni\u00e8res \u00e9lections s\u00e9natoriales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Ce compte de campagne retrace les recettes et les d\u00e9penses et permet donc de v\u00e9rifier que les <strong>r\u00e8gles relatives au financement de la campagne<\/strong>, notamment les r\u00e8gles sur les recettes, soient bien respect\u00e9es. Celles-ci sont pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article L. 52-8 du Code \u00e9lectoral\u00a0: les dons accord\u00e9s \u00e0 la campagne sont limit\u00e9s \u00e0 4600 euros par personne physique et les personnes morales n\u2019ont pas le droit de financer une campagne. Il n\u2019existe \u00e0 ce principe qu\u2019une seule exception\u00a0: seuls les partis politiques ont, en tant que personne morale, le droit de financer des campagnes \u00e9lectorales. C\u2019est d\u2019ailleurs un enjeu fondamental de la qualification de parti politique au sens de la loi de 1988, on y reviendra. Tous les dons doivent \u00eatre enregistr\u00e9s par le mandataire financier, ce qui permet de garantir la tra\u00e7abilit\u00e9 par l\u2019interm\u00e9diaire du compte de campagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Ce dispositif permet \u00e9galement de v\u00e9rifier <strong>le respect des r\u00e8gles de plafonnement des d\u00e9penses<\/strong> <strong>\u00e9lectorales pr\u00e9vues par l\u2019article L. 52-11 du Code \u00e9lectoral<\/strong>. Pour les \u00e9lections municipales, d\u00e9partementales et r\u00e9gionales, cela fonctionne par un syst\u00e8me de tranches. Pour les d\u00e9put\u00e9s cela est de 38000 euros par candidat, major\u00e9 de 0,15 euros par habitant de la circonscription, ce qui est peu finalement. Pour les s\u00e9nateurs c\u2019est 10000 euros avec une majoration. On peut remarquer que ces montants sont gel\u00e9s, plus pr\u00e9cis\u00e9ment la loi pr\u00e9voit aujourd\u2019hui qu\u2019ils ne seront pas r\u00e9\u00e9valu\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce que le d\u00e9ficit public soit nul. Ces d\u00e9penses peuvent faire l\u2019objet d\u2019un remboursement forfaitaire \u00e0 hauteur de 47,5 % pour les candidats qui ont fait plus de 5% d\u2019apr\u00e8s l\u2019article L. 52-11-1.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Le m\u00eame syst\u00e8me existe pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle<\/strong>. Le II. al 2 de la loi n\u00b0 62-1292 du 6 novembre 1962 relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au suffrage universel pr\u00e9voit que <em>\u00ab\u00a0Le plafond des d\u00e9penses \u00e9lectorales pr\u00e9vu par l&rsquo;article L. 52-11 du code \u00e9lectoral est fix\u00e9 \u00e0 13,7 millions d&rsquo;euros [16,851] pour un candidat \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. II est port\u00e9 \u00e0 18,3 millions d&rsquo;euros [22,509]\u00a0pour chacun des candidats pr\u00e9sents au second tour\u00a0\u00bb<\/em> (les montants ont \u00e9t\u00e9 revaloris\u00e9s par le d\u00e9cret n\u00b0 2009-1730 du 30 d\u00e9cembre 2009 : \u00a0\u00bb\u00a0<em>Le montant du plafond des d\u00e9penses \u00e9lectorales est multipli\u00e9 par le coefficient 1,23 pour les \u00e9lections auxquelles les dispositions de l&rsquo;article L. 52-11 du code \u00e9lectoral sont applicables, \u00e0 l&rsquo;exception de celles des d\u00e9put\u00e9s et des repr\u00e9sentants au Parlement europ\u00e9en<\/em>. \u00ab\u00a0). Un compte de campagne est \u00e9galement mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>La r\u00e9gularit\u00e9 de ces comptes est v\u00e9rifi\u00e9e par la CNCCFP<\/strong> dont la composition et les pouvoirs sont pr\u00e9vus aux articles L. 52-14 et s. du Code \u00e9lectoral. C\u2019est une AAI compos\u00e9e de neufs magistrats. Elle a pour mission d\u2019approuver, de r\u00e9former ou de rejeter les comptes de campagne, et se prononce dans les six mois. <strong>Comme le montre l\u2019article L. 52-15 du Code \u00e9lectoral, l\u2019approbation du compte de campagne est une op\u00e9ration fondamentale<\/strong>\u00a0: elle conditionne le remboursement forfaitaire, elle fixe une amende \u00e9gale au d\u00e9passement en cas de d\u00e9passement et surtout, une violation des r\u00e8gles sur les comptes de campagne va conduire au rejet du compte et la CNCCFP va conduire \u00e0 la saisine du juge de l\u2019\u00e9lection, l\u2019enjeu principal \u00e9tant alors de d\u00e9terminer s\u2019il y a ou non-lieu d\u2019appliquer une in\u00e9ligibilit\u00e9 au candidat, qui peut aller jusqu\u2019\u00e0 3 ans en vertu de l\u2019article L. 118-3 du Code \u00e9lectoral. Le respect de ces r\u00e8gles est donc th\u00e9oriquement bien sanctionn\u00e9. \u00a0<strong>Le syst\u00e8me est le m\u00eame avec l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle<\/strong> en vertu du V de la loi de 1962, mais dans ce cas la saisine du Conseil constitutionnel ne se fait pas sur saisine automatique de la CNCCFP mais sur recours du candidat\u00a0: en effet, l\u2019enjeu n\u2019est pas la m\u00eame car \u00e0 la diff\u00e9rence des autres \u00e9lections, <strong>l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 n\u2019est pas encourue lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle,<\/strong> l\u2019article L. 118-3 n\u2019\u00e9tant pas rendu applicable \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Il faut noter enfin que toutes ces dispositions sont sanctionn\u00e9es p\u00e9nalement, mais de fa\u00e7on tr\u00e8s faible. <\/strong>Le Code contient en effet un chapitre sur les dispositions p\u00e9nales et plus pr\u00e9cis\u00e9ment <strong>l\u2019article L. 113-1 vient sanctionner les dispositions relatives au financement de la vie politique<\/strong>\u00a0: sera puni d&rsquo;une amende de 3 750 euros et d&rsquo;un emprisonnement d&rsquo;un an, ou de l&rsquo;une de ces deux peines seulement, tout candidat en cas de scrutin uninominal ou binominal, ou tout candidat t\u00eate de liste en cas de scrutin de liste, qui : aura, en vue de financer une campagne \u00e9lectorale, recueilli des fonds en violation des prescriptions de l&rsquo;article L. 52-4, aura accept\u00e9 des fonds en violation des dispositions de l&rsquo;article L. 52-8 ou L. 308-1, aura d\u00e9pass\u00e9 le plafond des d\u00e9penses \u00e9lectorales fix\u00e9 en application de l&rsquo;article L. 52-11, n&rsquo;aura pas respect\u00e9 les formalit\u00e9s d&rsquo;\u00e9tablissement du compte de campagne pr\u00e9vues par les articles L. 52-12 et L. 52-13, aura fait \u00e9tat, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments comptables sciemment minor\u00e9s. Inversement il existe aussi la m\u00eame sanction pour les donateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">B.\u00a0<strong>Exemples de jurisprudence<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut donner des exemples d\u2019application de ces principes, pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et pour l\u2019\u00e9lection municipale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, bien s\u00fbr un exemple tr<a name=\"_Toc420150049\"><\/a><a name=\"_Toc410033458\"><\/a>\u00e8s int\u00e9ressant est la <strong>d\u00e9cision du <\/strong><strong>Conseil constitutionnel n\u00b0 2013-156 PDR du 04 juillet 2013<\/strong> sur un recours de M. Nicolas Sarkozy dirig\u00e9 contre la d\u00e9cision du 19 d\u00e9cembre 2012 de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques <strong>par laquelle le Conseil constitutionnel a confirm\u00e9 le rejet par la CNCCFP des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, <\/strong>pour laquelle on remarquera au passage que l\u2019intervention de Raymond Avrillier a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par le Conseil. C&rsquo;est\u00a0 la troisi\u00e8me fois sous la V<sup>e<\/sup>\u00a0R\u00e9publique, apr\u00e8s M. Jacques Cheminade en 1995 (Cons. const. 11 oct. 1995,\u00a0<em>Compte de campagne de M. Jacques Cheminade<\/em>, n\u00b0 95-88 PDR, Rec. Cons. const. 118) et M. Bruno M\u00e9gret en 2002 (Cons. const. 26 sept. 2002, n\u00b0 2002-113 PDR) qu&rsquo;un candidat \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle voit son compte de campagne rejet\u00e9. Mais c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sortant se trouve dans cette situation et qu&rsquo;il est de surcro\u00eet tenu de verser une somme tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e au Tr\u00e9sor public (363615 euros) pour d\u00e9passement du plafond des d\u00e9penses \u00e9lectorales\u00a0: cette solution a donc une importance particuli\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Les comptes ici ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s pour d\u00e9passement du plafond suite \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration d\u2019un certain nombre de d\u00e9penses, et encore ni la CNCCFP ni le Conseil constitutionnel n\u2019avaient connaissance de l\u2019affaire Bygmalion \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Cela a suscit\u00e9 ce que la presse a appel\u00e9 un \u00ab \u00ab Sarkothon\u00a0\u00bb destin\u00e9 \u00e0 renflouer les caisses de l&rsquo;UMP priv\u00e9e d&rsquo;une somme de 10,6 millions d&rsquo;euros a-t-on \u00e9crit (Lib\u00e9ration, 5 juill. 2013, p. 2 ; G. Perrault, Le Figaro, 5 juill. 2013, p. 6, qui fait \u00e9tat de pr\u00e8s de 11 millions d&rsquo;euros), qui a, semble-t-il, \u00e9t\u00e9 recouvr\u00e9e en septembre 2013 gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de nombreux donateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Toutes les d\u00e9penses \u00e9lectorales faites dans le d\u00e9lai d\u2019un an avant l\u2019\u00e9lection ont \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9es et de nombreuses r\u00e9formations ont \u00e9t\u00e9 faites<\/strong>, et celles-ci ne sont pas sans int\u00e9r\u00eat. Ainsi des r\u00e9unions tenues par M. Guaino, des frais de magazine, etc. <strong>On notera surtout ici la r\u00e9int\u00e9gration des prestations des cabinets Giacometti-P\u00e9ron et Publi-Opinion<\/strong>, ce qui est tr\u00e8s int\u00e9ressant car cela fait r\u00e9f\u00e9rence aux activit\u00e9s de l\u2019\u00e9minence grise et noire Patrick Buisson \u00e9galement \u00e0 l\u2019origine de l\u2019affaire des sondages de l\u2019Elys\u00e9e, <strong>mais aussi la r\u00e9int\u00e9gration de d\u00e9penses du meeting de Villepinte<\/strong> pay\u00e9es par l\u2019UMP, sorte de pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019affaire Bygmalion, car 50 % des d\u00e9penses avaient \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019UMP. Enfin, on remarquera <strong>qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9es des d\u00e9penses de meeting de Nicolas Sarkozy alors que celui-ci \u00e9tait encore pr\u00e9sident\u00a0:<\/strong> pour le Conseil, les manifestations qui rev\u00eatent un caract\u00e8re \u00ab\u00a0manifestement \u00e9lectoral\u00a0\u00bb doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9es d\u00e8s lors qu\u2019elles se situent dans l\u2019ann\u00e9e qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00e9lection\u00a0: c\u2019est ainsi que la r\u00e9union \u00e0 Toulon de d\u00e9cembre 2011 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e, et pouvait conduire seule au rejet des comptes car elle avait conduit \u00e0 ce que ce soit l\u2019Etat qui prenne en charge des d\u00e9penses \u00e9lectorales, aucune refacturation n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e. Cette solution n\u2019est pas susciter un certain nombre de difficult\u00e9s pratiques pour les candidats sortants, source de nombreuses instabilit\u00e9s \u00e0 venir. C\u2019est donc un point tr\u00e8s int\u00e9ressant des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 venir et des difficult\u00e9s d\u2019imputation qui existent aujourd\u2019hui. On pourrait les retrouver pour les \u00e9lections locales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Pour les \u00e9lections locales, un exemple int\u00e9ressant, qui pose par ailleurs des solutions de principe, est <strong>l\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019Etat du 6 mai 2015 <em>Mme Bar\u00e8ges<\/em>, n\u00b0 385865, <\/strong>qui concernait la ville de Montauban. Ici, la CNCCFP, en raison d\u2019un rejet du compte de campagne, au motif que la commune avait pay\u00e9e elle-m\u00eame des encarts de propagande \u00e9lectorale au b\u00e9n\u00e9fice de la candidate, ce qui constitue un manquement particuli\u00e8rement grave, avait prononc\u00e9 l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 de la maire et l\u2019avait d\u00e9clar\u00e9e d\u00e9missionnaire d\u2019office. Apr\u00e8s avoir rejet\u00e9 la QPC qui entendait d\u00e9fendre la th\u00e8se de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de la proc\u00e9dure suivie devant la CNCCFP en raison de l\u2019absence d\u2019entretien oral lors de cette proc\u00e9dure et avoir rejet\u00e9 cet argument au fond, le Conseil d\u2019Etat a valid\u00e9 le rejet au fond en raison de la gravit\u00e9 et de l\u2019importance de la violation de l\u2019article L. 52-8 du Code \u00e9lectoral. <strong>En revanche, contrairement \u00e0 la CNCCFP, il a refus\u00e9 de prononcer l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9, ce qui une nouvelle manifestation de la souplesse grandissante du juge administratif sur le prononc\u00e9 des in\u00e9ligibilit\u00e9s,<\/strong> \u00e0 rebours du bon sens populaire penseront beaucoup. En effet le Conseil d\u2019Etat exige aujourd\u2019hui \u00e0 la fois que le manquement soit d\u2019une \u00ab\u00a0particuli\u00e8re gravit\u00e9\u00a0\u00bb, or le manquement n\u2019est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant d\u2019une particuli\u00e8re gravit\u00e9 que si, d\u2019une part, il s\u2019agit d\u2019un manquement \u00e0 une r\u00e8gle substantielle relative au financement des campagnes \u00e9lectorales, et d\u2019autre part, s\u2019il pr\u00e9sente un caract\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 (voir par exemple pour l&rsquo;absence de d\u00e9p\u00f4t du compte de campagne, \u00a0l&rsquo;arr\u00eat du 30 juillet 2014, n\u00b0 371718).\u00a0 Mais le Conseil d\u2019Etat va restreindre encore plus le prononc\u00e9 de l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9\u00a0: il consid\u00e8re qu\u2019il incombe en outre au juge de tenir compte de l\u2019importance de l\u2019avantage consenti et d\u2019examiner si compte tenu des circonstances de l\u2019esp\u00e8ce il a \u00e9t\u00e9 susceptible de porter atteinte de mani\u00e8re sensible \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des candidats\u2026 condition qu\u2019il rejette en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0! Le prononc\u00e9 de l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 devient donc de plus en plus difficile en droit \u00e9lectoral fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Une derni\u00e8re jurisprudence r\u00e9cente m\u00e9rite d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9e\u00a0: l\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019Etat <em>CNCCFP contre Mediapart<\/em> du 27 mars 2015, n\u00b0 382083,<\/strong> qui concerne un probl\u00e8me un peu diff\u00e9rent mais n\u00e9anmoins fondamental, celui de l\u2019acc\u00e8s aux documents de la CNCCFP. Aujourd\u2019hui, il est tr\u00e8s difficile de faire des recherches approfondies sur ce qu\u2019il se passe \u00e0 la CNCCFP. En effet, \u00e0 quoi ressemble un compte de campagne lorsque celui-ci est communiqu\u00e9\u00a0? Apr\u00e8s une fiche officielle d\u00e9signant le candidat et faisant la synth\u00e8se du compte, sign\u00e9e par le candidat, et une page d\u2019identification du mandataire financier, on trouve un bilan comptable tr\u00e8s simple, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00e9tat des recettes du compte de campagne (en une page) et un \u00e9tat des d\u00e9penses du compte de campagne (en une page), puis suivent de tr\u00e8s nombreuses pi\u00e8ces justificatives, en pratique des photocopies de tickets de carte bleue, des factures, des bons de commande, des contrats, etc., mais il est tr\u00e8s difficile de savoir ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 concr\u00e8tement pendant la campagne et si les comptes en question sont r\u00e9ellement sinc\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Tout repose donc en r\u00e9alit\u00e9 sur le travail d\u2019instruction r\u00e9alis\u00e9 par la CNCCFP mais celle-ci a toujours jusqu\u2019ici refus\u00e9 de transmettre ces documents\u00a0: lettre et \u00e9changes entre les rapporteurs de la commission et les candidats, pr\u00e9-rapports, etc., autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui permettraient de d\u00e9terminer ce qu\u2019il se produit r\u00e9ellement pendant une campagne \u00e9lectorale. L\u2019\u00e9tude des seuls comptes ne suffit donc pas. Or la situation va sans doute changer apr\u00e8s cet arr\u00eat. \u00a0Le Conseil d\u2019Etat a estim\u00e9, alors que la CNCCFP n\u2019acceptait de communiquer jusque-l\u00e0 que les comptes de campagne et ses propres d\u00e9cisions,\u00a0 que tous les documents produits ou re\u00e7us par la CNCCFP \u00e9taient des documents administratifs communicables. Le secret qui p\u00e8se aujourd\u2019hui devrait \u00eatre lev\u00e9. Pour ce qui concerne l\u2019arr\u00eat <em>M\u00e9diapart,<\/em> qui concernait le compte de campagne de Nicolas Sarkozy pour la pr\u00e9sidentielle de 2007, le jugement du tribunal administratif de Paris permet de d\u00e9terminer les \u00e9l\u00e9ments auxquels il sera possible d\u2019avoir acc\u00e8s, et ils sont nombreux\u00a0: listes de donateurs, contrats de travail des cadres et employ\u00e9s de la campagne, conventions conclues pour la lev\u00e9e de fonds, commandes de maquillage, contrats de sous-location, relev\u00e9s bancaires de l\u2019association de financement AFCNS, contrat de pr\u00eat conclu entre M. Sarkozy et l\u2019UMP, justificatifs relatifs \u00e0 des r\u00e9unions, \u00e9l\u00e9ments de comptabilit\u00e9 du parti, co\u00fbts de transport engag\u00e9s par les f\u00e9d\u00e9rations, r\u00e9sultats d\u2019un sondage, lettre d\u2019observation de la CNCCFP, lettre en r\u00e9ponse de l\u2019AFCNS\u2026 (TA Paris, 3 juin 2014, n\u00b0\u00a01216457\/6-2, cons. 7).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Peut-\u00eatre l\u2019examen de toutes ces pi\u00e8ces \u00e0 propos des diff\u00e9rentes \u00e9lections permettra-t-il d\u2019en savoir davantage\u00a0? \u00a0Ce sera par exemple le cas pour les difficult\u00e9s actuelles pos\u00e9es par les \u00e9lections primaires\u00a0: s\u2019il semble ne pas y avoir de probl\u00e8me dans la plupart des villes o\u00f9 a eu lieu une primaire ouverte, il y a eu toutefois une difficult\u00e9 \u00e0 Marseille o\u00f9 6 comptes sur 8, la ville \u00e9tant organis\u00e9e par secteur, ont \u00e9t\u00e9\u00a0rejet\u00e9s par la CNCCFP (CNCCFP, 20 d\u00e9cembre 2014, d\u00e9cision relatives au compte de campagne de M. Hovsepian\u00a0; de M. Caselli\u00a0; de Mme Carlotti\u00a0; de Mme L\u00e9vy-Mozziconacci\u00a0; de M. Zeribi\u00a0; de M. Masse; seuls les comptes de M. Mennucci et de Mme Ghali ont \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s). Le rejet de ces comptes est justifi\u00e9 par la non-int\u00e9gration de d\u00e9penses importantes d\u2019impression dans le compte initial, et une correction trop importante et trop tardive des comptes apr\u00e8s coup. Saisi par la CNCCFP conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L. 52-15 du code \u00e9lectoral qui fait obligation \u00e0 la CNCCFP de saisir le juge de l\u2019\u00e9lection, le Tribunal administratif de Marseille a confirm\u00e9 le rejet des comptes, consid\u00e9rant que les comptes d\u00e9pos\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas sinc\u00e8res car r\u00e9gularis\u00e9s a posteriori de fa\u00e7on trop importante, ce qui ne pouvait se r\u00e9duire \u00e0 des erreurs mat\u00e9rielles, ces erreurs n\u2019\u00e9tant pas suffisantes cependant pour entra\u00eener l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 des candidats, ce qui \u00e9tait le principal enjeu du litige (TA de Marseille, 9 f\u00e9vrier 2015, <em>CNCCFP,<\/em> n\u00b0 1408523, 1408530, 1408532, 1408535, 1408542, 1408545). Qu\u2019a-t-il bien su passer \u00e0 Marseille, pour que de telles d\u00e9penses ne soient pas correctement int\u00e9gr\u00e9es et donnent lieu \u00e0 une telle modification des comptes <em>a posteriori<\/em>\u00a0? L\u2019examen des comptes disponibles ne permet pas encore de le savoir. La recherche a donc encore des progr\u00e8s \u00e0 faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C.\u00a0<strong>Pratique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Toutes ces questions donnent en tout cas lieu \u00e0 d\u2019importants probl\u00e8mes d\u2019actualit\u00e9. On pourra trouver les chiffres de l\u2019examen des comptes par la CNCCFP dans son rapport de synth\u00e8se 2014, laquelle se plaint comme toujours et sans doute de fa\u00e7on l\u00e9gitime de son manque de moyens. 4800 comptes examin\u00e9s pour les \u00e9lections municipales, avec un quart de scrutins contentieux tout de m\u00eame, la moiti\u00e9 des comptes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9s, 180 comptes seulement ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s. La CNCCFP a op\u00e9r\u00e9 284 saisines du juge de l\u2019\u00e9lection, la saisine a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 bon droit dans 95 % des cas et une sanction d\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de 169 candidats. 23 \u00e9lus municipaux dont deux maires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s d\u00e9missionnaires d\u2019office.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Enfin, on peut noter que dans ses propositions, la CNCCFP propose de <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Raccourcir la p\u00e9riode de prise en compte des d\u00e9penses \u00e9lectorales\u00a0\u00bb.<\/em> Pour la CNCCFP, l\u2019une des origines des mises en cause r\u00e9currentes des \u00e9lus, en particulier ceux des collectivit\u00e9s territoriales, portant sur l\u2019utilisation de moyens publics par un candidat sortant, r\u00e9side dans la longueur de la p\u00e9riode de douze mois pendant laquelle les d\u00e9penses \u00e9lectorales doivent \u00eatre recens\u00e9es afin d\u2019assurer l\u2019exhaustivit\u00e9 du compte de campagne, alors qu\u2019en fait l\u2019essentiel de la campagne se d\u00e9roule dans les trois \u00e0 six derniers mois. La commission sugg\u00e8re ainsi que soit \u00e9tudi\u00e9e la possibilit\u00e9 de raccourcir la p\u00e9riode de prise en compte des d\u00e9penses \u00e9lectorales \u00e0 six ou huit mois, ce qui serait une \u00e9volution importante de la l\u00e9gislation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Elle est aussi favorable \u00e0 disposer en m\u00eame temps des comptes de campagne et des comptes des partis politiques afin de pouvoir faire des analyses crois\u00e9es, ce qui n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui alors que cela semble pourtant la moindre des choses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela lui permet aussi de donner sa position r\u00e9elle sur les primaires ouvertes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0cette mesure pourrait \u00e9galement clarifier la question des primaires dites \u00ab ouvertes \u00bb, ce qui r\u00e9pondrait \u00e0 la pr\u00e9occupation exprim\u00e9e par le Conseil d\u2019\u00c9tat. En effet, dans cette hypoth\u00e8se, l\u2019inscription dans un futur compte de campagne des d\u00e9penses expos\u00e9es par le candidat s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une \u00e9lection primaire pourrait alors \u00eatre obligatoire au sein de cette p\u00e9riode et exclue dans le cas (le plus fr\u00e9quent) o\u00f9 cette \u00e9lection se d\u00e9roulerait plus de six mois avant le scrutin\u00a0\u00bb <\/em>(CNCCFP, Rapport 2014, pp. 89-90). La CNCCFP d\u00e9voile donc enfin ses intentions\u00a0: le syst\u00e8me \u00e9tant trop compliqu\u00e9, ne pas comptabiliser les \u00e9lections primaires ouvertes. C\u2019est un probl\u00e8me sp\u00e9cifique sur lequel on pourra revenir en questions, suite \u00e0 l\u2019avis du Conseil d\u2019Etat d\u2019octobre 2013 sur le r\u00e9gime juridique des primaires ouvertes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0L\u2019actualit\u00e9 nous a donn\u00e9 d\u2019autres exemples des difficult\u00e9s pos\u00e9es par ces r\u00e8gles\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>C\u2019\u00e9tait le cas pour l\u2019affaire des p\u00e9nalit\u00e9s inflig\u00e9es \u00e0 Nicolas Sarkozy pour le d\u00e9passement du plafond de son compte\u00a0: en effet, dans un premier temps, c&rsquo;est l&rsquo;UMP qui a pay\u00e9 cette somme au d\u00e9part, alors que pour beaucoup Nicolas Sarkozy devait payer lui-m\u00eame. Une enqu\u00eate pr\u00e9liminaire a \u00e9t\u00e9 ouverte par le parquet de Paris pour d\u00e9terminer s&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu un \u00ab\u00a0abus de confiance\u00a0\u00bb lors du paiement par l&rsquo;UMP de cette amende, et Nicolas Sarkozy a finalement d\u00e9cid\u00e9 de payer lui-m\u00eame. Nicolas Sarkozy pourrait \u00e9chapper \u00e0 la condamnation, faute d\u2019\u00e9l\u00e9ment moral pour la constitution de l\u2019infraction.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Une autre affaire est celle du financement ill\u00e9gal pr\u00e9sum\u00e9 du Front National. Ouverte sur d\u00e9nonciation de la CNCCFP, il y aurait eu en violation de l\u2019article\u00a011-4 de la loi de 1988 (interdisant les dons de personnes morales de droit priv\u00e9 aux partis politiques) et de l&rsquo;article\u00a0L. 52-8 du Code \u00e9lectoral , cette interdiction \u00e9tant vis\u00e9e au titre de celles pouvant faire l&rsquo;objet de sanctions p\u00e9nales par les articles L. 86 et s. du Code \u00e9lectoral, ici plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;article L. 113-1 Code \u00e9lectoral. Parmi les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l&rsquo;infraction qui seraient pr\u00e9sents en l&rsquo;esp\u00e8ce : la mise en place pendant la campagne de 2012 d&#8217;emplois fictifs au b\u00e9n\u00e9fice de M. Rachline, aujourd&rsquo;hui s\u00e9nateur, et de Nicolas Bay, porte-parole de campagne, ces deux cadres du FN ayant \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 Riwal ; la mise \u00e0 disposition gratuite de locaux ou d&#8217;employ\u00e9s, ou encore l&rsquo;octroi au micro-parti de Marine le Pen, Jeanne, de cr\u00e9dits sans int\u00e9r\u00eats. La soci\u00e9t\u00e9 Riwal aurait aussi eu son int\u00e9r\u00eat \u00e0 l&rsquo;affaire, en fournissant (et de fa\u00e7on obligatoire) aux 525 candidats FN aux l\u00e9gislatives des kits de campagne, dont le co\u00fbt \u00e9tait fond\u00e9 sur de fausses factures, dans le but de majorer les d\u00e9penses \u00e9lectorales remboursables. C&rsquo;est alors qu&rsquo;on rejoint une autre qualification p\u00e9nale, plus inattendue, celle d&rsquo;escroquerie : pour les juges, d&rsquo;apr\u00e8s\u00a0<em>Le Monde,\u00a0<\/em>la soci\u00e9t\u00e9 aurait ainsi\u00a0<em>\u00ab\u00a0tromp\u00e9 l&rsquo;Etat fran\u00e7ais afin de lui faire remettre des fonds, valeurs ou biens quelconques, en l&rsquo;esp\u00e8ce le remboursement des frais de campagne sur\u00e9valu\u00e9s sur la base de comptes de campagnes frauduleusement \u00e9tablis\u00a0\u00bb. <\/em>Cependant comme on l\u2019a vu les sanctions sont faibles, sauf si la qualification d\u2019escroquerie est retenue.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0 II.\u00a0Le financement des partis<\/strong><strong>politiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 les textes et rapporter un peu sur la jurisprudence (A), on s\u2019int\u00e9ressera ici \u00e0 quelques questions d\u2019actualit\u00e9 pratiques (B).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A.\u00a0Les textes et leur application par la jurisprudence<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Sur les textes, les principes ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s par la loi de 1988 modifi\u00e9e. <strong>Cependant, le texte ne pr\u00e9voit pas de d\u00e9finition d\u2019un parti politique.<\/strong> C\u2019est la jurisprudence qui en a fix\u00e9 la d\u00e9finition. Un parti politique est depuis l\u2019arr\u00eat de principe du Conseil d\u2019\u00c9tat <em>\u00c9lections municipales de Fos-sur-Mer<\/em> du 30 octobre 1996, une personne morale de droit priv\u00e9 qui s\u2019est assign\u00e9e un but politique et qui, soit rel\u00e8ve des articles 8, 9 et 9-1 de la loi n\u00b0\u00a088-227 du 11\u00a0mars 1988 c\u2019est-\u00e0-dire b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat au titre du financement des partis politiques, soit s&rsquo;est volontairement soumise aux r\u00e8gles fix\u00e9es par les articles 11 \u00e0 11-7 de la m\u00eame loi, qui imposent notamment aux partis et groupements politiques de ne recueillir des fonds que par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un mandataire, qui peut \u00eatre soit une personne physique dont le nom est d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9fecture, soit une association de financement agr\u00e9\u00e9e par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, la CNCCFP (CE, Ass, <em>\u00c9lections municipales de Fos-sur-Mer<\/em>, 30 octobre 1996, n\u00b0 177927, Rec., p.394). Il y a donc un c\u00f4t\u00e9 volontaire dans le statut d\u2019un parti politique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>Mais le parti politique reste une association de droit priv\u00e9,<\/strong> soumise \u00e0 cette loi, il n\u2019existe pas de statut du parti politique, malgr\u00e9 l\u2019article 4 de la Constitution qui pr\u00e9voit que <em>\u00ab\u00a0Les partis et groupements politiques concourent \u00e0 l&rsquo;expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activit\u00e9 librement. Ils doivent respecter les principes de la souverainet\u00e9 nationale et de la d\u00e9mocratie. Ils contribuent \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe \u00e9nonc\u00e9 au second alin\u00e9a de l&rsquo;article 1er dans les conditions d\u00e9termin\u00e9es par la loi. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation \u00e9quitable des partis et groupements politiques \u00e0 la vie d\u00e9mocratique de la Nation\u00a0\u00bb. <\/em>Le principe est donc la libert\u00e9 sous r\u00e9serve de l\u2019encadrement du financement de ces structures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>L\u2019int\u00e9r\u00eat de cr\u00e9er un parti politique est d\u2019ordre financier\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Du point de vue politique, ce statut permet en effet de financer des campagnes \u00e9lectorales, par exception au principe selon lequel les personnes morales ne peuvent pas financer la vie politique en France : en vertu de l&rsquo;article L. 52-8 du Code \u00e9lectoral, \u00ab\u00a0<em>les personnes morales, \u00e0 l&rsquo;exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne \u00e9lectorale d&rsquo;un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux qui sont habituellement pratiqu\u00e9s\u00a0\u00bb. <\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Etre un parti politique permet aussi de gagner de l&rsquo;argent. En effet, si la manif pour tous venait \u00e0 changer d&rsquo;avis sur le fait de pr\u00e9senter des candidats, le fait d&rsquo;\u00eatre un parti politique lui permettrait de b\u00e9n\u00e9ficier des aides publiques de l&rsquo;Etat accord\u00e9es aux partis politiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Par ailleurs, ce statut permet de recevoir des dons ou des cotisations avec une d\u00e9duction fiscale de 66 % dans la limite de 15000 euros (article 200.3 CGI). Un avantage non n\u00e9gligeable, sur lequel la pr\u00e9sidente de l&rsquo;association a d&rsquo;ailleurs lourdement insist\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il existe alors des contreparties en termes de contr\u00f4le et de transparence, assur\u00e9 par la CNCCFP\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Tout d&rsquo;abord, il est vrai que le financement par des personnes morales de droit priv\u00e9 se trouve limit\u00e9<\/strong> en application de l&rsquo;article\u00a011-4 de la loi de 1988.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Par ailleurs, depuis la loi du 11 octobre 2013 ayant modifi\u00e9 l&rsquo;article 15 de la loi de 1988, dont l&rsquo;objectif \u00e9tait de lutter contre les d\u00e9rives li\u00e9es \u00e0 la multiplication des micros-partis, <strong>les dons pouvant \u00eatre faits par des personnes physiques sont limit\u00e9es.<\/strong> Le r\u00e9gime juridique se trouve ici \u00e0 l&rsquo;article 11-4 de la loi : d\u00e9sormais, il dispose que <em>\u00ab les dons consentis et les cotisations vers\u00e9es en qualit\u00e9 d&rsquo;adh\u00e9rent d&rsquo;un ou de plusieurs partis politiques par une personne physique d\u00fbment identifi\u00e9e \u00e0 une ou plusieurs associations agr\u00e9\u00e9es en qualit\u00e9 d&rsquo;association de financement ou \u00e0 un ou plusieurs mandataires financiers d&rsquo;un ou de plusieurs partis politiques ne peuvent annuellement exc\u00e9der 7 500 Euros \u00bb,<\/em> ce qui plafonne donc globalement les dons \u00e0 7500 euros par an et par donateur, au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un ou plusieurs partis. Par ailleurs ce plafond ne concerne plus seulement les dons, mais aussi les cotisations vers\u00e9es en qualit\u00e9 d\u2019adh\u00e9rent d\u2019un ou plusieurs partis politiques, contrairement \u00e0 la pratique admise jusque-l\u00e0.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Il y a un agr\u00e9ment de la part de la CNCCFP<\/strong> et il faut d\u00e9signer un mandataire financier en vertu des articles 11 et 11-1 de la loi de 1988.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Enfin, en vertu de l&rsquo;article 11-7 de la loi de 1988, il y a un contr\u00f4le de la CNCCFP sur les partis politiques\u00a0:<\/strong> les partis ou groupements b\u00e9n\u00e9ficiaires de tout ou partie des dispositions des articles 8 \u00e0 11-4 ont l&rsquo;obligation de tenir une comptabilit\u00e9. Cette comptabilit\u00e9 doit retracer tant les comptes du parti ou groupement politique que ceux de tous les organismes, soci\u00e9t\u00e9s ou entreprises dans lesquels le parti ou groupement d\u00e9tient la moiti\u00e9 du capital social ou des si\u00e8ges de l&rsquo;organe d&rsquo;administration ou exerce un pouvoir pr\u00e9pond\u00e9rant de d\u00e9cision ou de gestion. Les comptes de ces partis ou groupements sont arr\u00eat\u00e9s chaque ann\u00e9e. Ils sont certifi\u00e9s par deux commissaires aux comptes et d\u00e9pos\u00e9s dans le premier semestre de l&rsquo;ann\u00e9e suivant celle de l&rsquo;exercice \u00e0 la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques institu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article L. 52-14 du code \u00e9lectoral, qui assure leur publication sommaire au Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise. Si la commission constate un manquement aux obligations pr\u00e9vues au pr\u00e9sent article, le parti ou groupement politique perd le droit, pour l&rsquo;ann\u00e9e suivante, au b\u00e9n\u00e9fice des dispositions des articles 8 \u00e0 10 de la pr\u00e9sente loi et les dons et cotisations \u00e0 son profit ne peuvent, \u00e0 compter de l&rsquo;ann\u00e9e suivante, ouvrir droit \u00e0 la r\u00e9duction d&rsquo;imp\u00f4t pr\u00e9vue au 3 de l&rsquo;article 200 du code g\u00e9n\u00e9ral des imp\u00f4ts. La commission demande, le cas \u00e9ch\u00e9ant, communication de toutes les pi\u00e8ces comptables et de tous les justificatifs n\u00e9cessaires au bon accomplissement de sa mission de contr\u00f4le\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est significatif ici de la situation de la France, <strong>c\u2019est le financement quasiment exclusivement public des partis politiques, sur la base des seules \u00e9lections l\u00e9gislatives, comme on peut le voir avec le <\/strong><strong>d\u00e9cret n\u00b0 2015-53 du 23 janvier 2015 pris pour l&rsquo;application des articles 9 et 9-1 de la loi n\u00b0 88-227 du 11 mars 1988 modifi\u00e9e relative \u00e0 la transparence financi\u00e8re de la vie politique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019article 8 de la loi de 1988<\/strong> pr\u00e9voit que le montant des cr\u00e9dits inscrits dans le projet de loi de finances de l&rsquo;ann\u00e9e pour \u00eatre affect\u00e9 au financement des partis et groupements politiques, est divis\u00e9 en deux fractions \u00e9gales : 1\u00b0 Une premi\u00e8re fraction destin\u00e9e au financement des partis et groupements en fonction de leurs r\u00e9sultats aux \u00e9lections \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale ; 2\u00b0 Une seconde fraction sp\u00e9cifiquement destin\u00e9e au financement des partis et groupements repr\u00e9sent\u00e9s au Parlement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>D\u2019apr\u00e8s l\u2019article 9, <\/strong>la premi\u00e8re fraction des aides pr\u00e9vues \u00e0 l&rsquo;article 8 est attribu\u00e9e : soit aux partis et groupements politiques qui ont pr\u00e9sent\u00e9 lors du plus r\u00e9cent renouvellement de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale des candidats ayant obtenu chacun au moins 1 % des suffrages exprim\u00e9s dans au moins cinquante circonscriptions ; soit aux partis et groupements politiques qui n&rsquo;ont pr\u00e9sent\u00e9 des candidats lors du plus r\u00e9cent renouvellement de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale que dans une ou plusieurs collectivit\u00e9s territoriales relevant des articles 73 ou 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Cal\u00e9donie et dont les candidats ont obtenu chacun au moins 1 % des suffrages exprim\u00e9s dans l&rsquo;ensemble des circonscriptions dans lesquelles ils se sont pr\u00e9sent\u00e9s. La r\u00e9partition est effectu\u00e9e proportionnellement au nombre de suffrages obtenus au premier tour de ces \u00e9lections par chacun des partis et groupements en cause.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La seconde fraction de ces aides est attribu\u00e9e aux partis et groupements politiques b\u00e9n\u00e9ficiaires de la premi\u00e8re fraction<\/strong> vis\u00e9e ci-dessus proportionnellement au nombre de membres du Parlement qui ont d\u00e9clar\u00e9 au bureau de leur assembl\u00e9e, au cours du mois de novembre, y \u00eatre inscrits ou s&rsquo;y rattacher. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019en France des parlementaires ne peuvent se rattacher qu\u2019\u00e0 l\u2019un des partis qui b\u00e9n\u00e9ficient de la premi\u00e8re aide, ce qui a pour effet de rendre difficile les aventures individuelles et va clairement dans le sens d\u2019une volont\u00e9 de rationaliser le syst\u00e8me partisan et donc le syst\u00e8me politique. <strong>Ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 conforme \u00e0 la Constitution <\/strong><strong>dans la d\u00e9cision n\u00b0 2014-407 QPC du 18 juillet 2014. Jacques Bompard, <\/strong>d\u00e9put\u00e9-maire d\u2019Orange longtemps rattach\u00e9 au micro-parti <em>D\u00e9mocratie et R\u00e9publique, <\/em>\u00e9ligible \u00e0 l\u2019aide publique car ayant pr\u00e9sent\u00e9 un candidat Outre-Mer (CNCCFP, <em>Rapport d\u2019activit\u00e9<\/em> 2010, p. 99), et contraint d\u00e9sormais de se rattacher au parti <em>Debout la R\u00e9publique<\/em> (<em>Lib\u00e9ration<\/em>, 27 avril 2014. Le Conseil en admet la constitutionnalit\u00e9 en confirmant et compl\u00e9tant sa jurisprudence issue de la d\u00e9cision 89-271 DC du 11 janvier 1990 <em>Loi relative \u00e0 la limitation des d\u00e9penses \u00e9lectorales et \u00e0 la clarification du financement des activit\u00e9s politiques<\/em>\u00a0: alors qu\u2019il ne l\u2019avait jamais jug\u00e9 jusque-l\u00e0 (d\u00e9cision n\u00b0 92-316 DC du 20 janvier 1993 et d\u00e9cision n\u00b0 2003-468 DC du 3 avril 2003), le Conseil constitutionnel consid\u00e8re qu\u2019en r\u00e9servant l&rsquo;attribution de la seconde fraction de l&rsquo;aide aux partis et groupements politiques \u00e9ligibles \u00e0 la premi\u00e8re fraction,<em> \u00ab\u00a0le l\u00e9gislateur a subordonn\u00e9 l&rsquo;attribution de l&rsquo;aide publique \u00e0 ces partis et groupements \u00e0 une exigence minimale d&rsquo;audience qui ne rev\u00eat pas un caract\u00e8re disproportionn\u00e9 au regard de l&rsquo;objectif poursuivi\u00a0\u00bb<\/em> (cons. 13). Ce syst\u00e8me de rationalisation a donc \u00e9t\u00e9 accept\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce syst\u00e8me justifie que les candidats au Parlement doivent officiellement se rattacher \u00e0 un parti politique. <\/strong>Sur ce point un dispositif a ajout\u00e9 par la loi de 2013 pour lutter contre les micro-partis, afin d\u2019\u00e9viter un rattachement artificiel d\u2019un parlementaire m\u00e9tropolitain \u00e0 un parti ultra-marin aux seuls fins de toucher l\u2019aide publique r\u00e9serv\u00e9e aux parlementaires\u00a0: d\u2019apr\u00e8s l\u2019article 9 de la loi de 1988 d\u00e9sormais, un membre du Parlement, \u00e9lu dans une circonscription qui n&rsquo;est pas comprise dans le territoire d&rsquo;une ou plusieurs collectivit\u00e9s territoriales relevant des articles 73 ou 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Cal\u00e9donie, ne peut pas s&rsquo;inscrire ou se rattacher \u00e0 un parti ou \u00e0 un groupement politique qui n&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 des candidats, lors du plus r\u00e9cent renouvellement de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, que dans une ou plusieurs collectivit\u00e9s territoriales relevant des m\u00eames articles 73 ou 74 ou en Nouvelle-Cal\u00e9donie. Cette disposition a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e conforme <strong>\u00e0 la Constitution <\/strong><strong>dans la d\u00e9cision n\u00b0 2014-407 QPC du 18 juillet 2014. Jacques Bompard pr\u00e9cit\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0B.\u00a0<\/strong><strong>La pratique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Cependant, aujourd\u2019hui, ce syst\u00e8me pose un nombre important de difficult\u00e9s, tant sur le plan de son efficacit\u00e9 que sur le plan des principes, comme le montrent des exemples r\u00e9cents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>En premier lieu, le caract\u00e8re pr\u00e9dominant du financement public est manifeste, <\/strong>comme on le voit avec les structures de financement des partis politique dans le document produit par la CNCCFP le 31 d\u00e9cembre 2014. Car quand ce n\u2019est pas de l\u2019aide publique, c\u2019est de la cotisation d\u2019\u00e9lus, ou des pr\u00eats, c\u2019est-\u00e0-dire des avances sur financement public (voir les chiffres). Or cela pose plusieurs probl\u00e8mes\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Tout d\u2019abord, un probl\u00e8me pratique,<\/strong> qui pourrait dans une certaine mesure expliquer la multiplication des affaires aujourd\u2019hui, c\u2019est la baisse constante financement des partis politiques : stable autour de 73.200.000 d\u2019euros de 2004 \u00e0 2007, proche de 75.000.000 d\u2019euros de 2008 \u00e0 2011 (d\u00e9crets pris pour l&rsquo;application des articles 9 et 9-1 de la loi n\u00b0 88-227 du 11 mars 1988 relative \u00e0 la transparence financi\u00e8re de la vie politique), elle est tomb\u00e9e \u00e0 130.695,04 euros en 2012 (d\u00e9cret n\u00b0 2012-191 du 7 f\u00e9vrier 2012), 70.083.332,15 euros en 2013 (d\u00e9cret n\u00b0 2013-430 du 27 mai 2013) puis \u00e0 63.099.073,55 euros pour 2014 (d\u00e9cret n\u00b0 2014-111 du 6 f\u00e9vrier 2014) et 2015 (<strong>d\u00e9cret n\u00b0 2015-53 du 23 janvier 2015 pris pour l&rsquo;application des articles 9 et 9-1 de la loi n\u00b0 88-227 du 11 mars 1988 modifi\u00e9e relative \u00e0 la transparence financi\u00e8re de la vie politique<\/strong>), soit 10.000.000 d\u2019euros de moins qu\u2019il y a dix ans.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Ensuite, cela pose des probl\u00e8mes politiques tr\u00e8s graves. <\/strong>En effet, s\u2019il faut \u00e9viter les d\u00e9rives qui caract\u00e9risent les \u00c9tats-Unis, dans lequel le syst\u00e8me de financement est tr\u00e8s lib\u00e9ral suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour supr\u00eame <em>Citizens United<\/em> de 2010 (Wanda Mastor, \u00ab\u00a0Les enseignements tir\u00e9s de l\u2019exp\u00e9rience am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb, <em>in <\/em> Esplugas, X. Bioy (dirs.), <em>Faut-il adapter le droit des campagnes \u00e9lectorales\u00a0?, <\/em>Montchrestien, 2012, pp. 61-68), la France repr\u00e9sente l\u2019exc\u00e8s inverse. Un financement public trop important des partis politiques, que la nouvelle loi renforce, entra\u00eene de nombreux effets pervers\u00a0: hostilit\u00e9 croissante de la part des contribuables, d\u00e9pendance des candidats vis-\u00e0-vis de leur parti, crise du financement en cas de d\u00e9faite \u00e9lectorale, avantage pour les partis d\u00e9j\u00e0 en place, autonomisation des directions vis-\u00e0-vis des militants et des \u00e9lus, adoption de logiques \u00e9lectoralistes au d\u00e9triment de logiques politiques, d\u00e9veloppement de la bureaucratie partisane et professionnalisation excessive de la vie politique, faible implantation dans la soci\u00e9t\u00e9, etc. (Yves Poirmeur, Dominique Rosenberg, <em>Droit des partis politiques<\/em>, <em>op. cit,<\/em> p. 174 et s.). Il faudrait donc probablement repenser ce syst\u00e8me.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En deuxi\u00e8me lieu, le syst\u00e8me de contr\u00f4le ne fonctionne pas tr\u00e8s bien ou en tout cas conna\u00eet des d\u00e9faillances, <\/strong>comme on le voit notamment dans son rapport de synth\u00e8se 2014\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>S&rsquo;agissant du contr\u00f4le par la CNCCFP, et malgr\u00e9 le renforcement de ses pr\u00e9rogatives op\u00e9r\u00e9es par la loi d&rsquo;octobre 2013, celui-ci reste tr\u00e8s limit\u00e9.<\/strong> Ainsi, m\u00eame si la loi de 2013 a ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019article 11-7 de la loi de 1988 un alin\u00e9a selon lequel \u00ab la commission demande, le cas \u00e9ch\u00e9ant, communication de toutes les pi\u00e8ces comptables et de tous les justificatifs n\u00e9cessaires au bon accomplissement de sa mission de contr\u00f4le \u00bb, et que la CNCCFP indique avoir fait un usage important des pr\u00e9rogatives nouvelles qui lui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es\u00a0: 335 comptes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s, 167 ont fait l\u2019objet d\u2019une proc\u00e9dure contradictoire. <strong>Cependant, cette \u00e9volution n\u2019est pas encore effective en raison du caract\u00e8re restreint de la position du Conseil d\u2019Etat\u00a0:<\/strong> pour ce dernier, la CNCCFP doit en la mati\u00e8re se contenter de proc\u00e9der \u00e0 des v\u00e9rifications purement formelles, c\u2019est-\u00e0-dire restreintes \u00e0 la seule v\u00e9rification du d\u00e9p\u00f4t des comptes, de la certification des comptes par deux commissaires, et du respect du p\u00e9rim\u00e8tre des comptes \u00e0 d\u00e9poser, sauf \u00ab incoh\u00e9rence manifeste \u00bb. Selon le Conseil d&rsquo;Etat, \u00ab\u00a0La Commission ne saurait constater, en l&rsquo;absence de toute incoh\u00e9rence manifeste, qu&rsquo;un parti ou groupement politique a manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations s&rsquo;il a d\u00e9pos\u00e9 en temps utile des comptes certifi\u00e9s correspondant au p\u00e9rim\u00e8tre fix\u00e9 par la loi &#8211; que cette certification soit \u00e9tablie sans r\u00e9serves ou qu&rsquo;elle soit assortie de r\u00e9serves, m\u00eame formul\u00e9es sur des points identiques plusieurs ann\u00e9es de suite\u00a0\u00bb(CE, Sect., Association Cap sur l\u2019avenir 13, 9 juin 2010, n\u00b0 327423, Rec., p.197; V., CNCCFP, Rapport d\u2019activit\u00e9 2012, pp. 73-75).<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Par ailleurs le syst\u00e8me de sanction est faible. <\/strong>Certes les partis qui ne respectent pas leur obligation peuvent perdre l\u2019aide publique directe et l\u2019article 11-6 pr\u00e9voit que l&rsquo;agr\u00e9ment est retir\u00e9 \u00e0 toute association qui n&rsquo;a pas respect\u00e9 les prescriptions pr\u00e9vues par les articles 11-1 et 11-4 de la pr\u00e9sente loi. Dans ce cas, ou lorsqu&rsquo;il est constat\u00e9 que l&rsquo;\u00e9tat r\u00e9capitulatif mentionn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;article 11-1, mais le retrait de l\u2019agr\u00e9ment est rendu s\u00e9v\u00e8re par le Conseil d\u2019Etat, restreint aux hypoth\u00e8ses pr\u00e9vues par la loi et non au-del\u00e0 (CE, 2007, <em>Association de financement du parti politique Free Dom<\/em>, n\u00b0 300606). Le retrait de l\u2019agr\u00e9ment est donc possible si l&rsquo;objet social de l&rsquo;association avait \u00e9t\u00e9 m\u00e9connu, si ses activit\u00e9s s&rsquo;\u00e9taient exerc\u00e9es au-del\u00e0 de la circonscription territoriale \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle elles doivent l&rsquo;\u00eatre au regard de ses statuts, si l&rsquo;association n&rsquo;avait pas d\u00e9pos\u00e9 tous les dons re\u00e7us en vue du financement des partis sur son compte bancaire ou postal. si les dons n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 consentis par des personnes physiques identifiables, si le montant de ces dons avait exc\u00e9d\u00e9 7 500 \u20ac (al. 1<sup>er<\/sup>), ou si des personnes morales avaient contribu\u00e9 au financement du parti politique en fournissant des biens, des services ou autres avantages directs ou indirects \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux qui sont habituellement pratiqu\u00e9s (al. 2). En outre, le retrait de l&rsquo;agr\u00e9ment serait possible si l&rsquo;association de financement du parti politique avait re\u00e7u, au m\u00e9pris des prescriptions du 5<sup>e<\/sup>alin\u00e9a de l&rsquo;article 11-4, directement ou indirectement, des contributions ou aides mat\u00e9rielles d&rsquo;un Etat \u00e9tranger ou d&rsquo;une personne morale. Mais comme l\u2019indique la CNCCFP dans son rapport de 2014, cette sanction n\u2019est pas pr\u00e9vue en cas de non-respect des obligations comptables ce qui prive le syst\u00e8me d\u2019effectivit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Par ailleurs la perte pour l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir de la d\u00e9duction fiscale<\/strong> en cas de non-respect pr\u00e9vue par la loi d\u2019octobre 2013 n\u2019a pas fonctionn\u00e9 non plus en raison de la cr\u00e9ation en ce cas l\u2019ann\u00e9e suivante de partis-fr\u00e8res.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En troisi\u00e8me lieu, <\/strong>s<strong>&lsquo;agissant de la transparence enfin elle est en aussi tr\u00e8s limit\u00e9e. <\/strong>D&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;article 11-7 de la loi de 1988, les comptes du parti politique <em>\u00ab\u00a0sont certifi\u00e9s par deux commissaires aux comptes et d\u00e9pos\u00e9s dans le premier semestre de l&rsquo;ann\u00e9e suivant celle de l&rsquo;exercice \u00e0 la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques institu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article L. 52-14 du code \u00e9lectoral, qui assure leur publication sommaire au Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb.<\/em> La publication des comptes est donc seulement sommaire et, en r\u00e9alit\u00e9, tr\u00e8s tardive : ainsi que le d\u00e9montre le site de la CNCCFP, la publication des comptes au titre de l&rsquo;ann\u00e9e 2013 a lieu en r\u00e9alit\u00e9 un an apr\u00e8s, le 31 d\u00e9cembre 2014. Quand on sait, par ailleurs, l&#8217;empressement incontestable que met la CNCCFP \u00e0 communiquer ses documents administratifs&#8230; Il faudrait renforcer cette transparence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En quatri\u00e8me lieu, les probl\u00e8mes pos\u00e9s par ce syst\u00e8me sont en tout cas manifestes dans la pratique comme le montrent certains exemples\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Tout d\u2019abord, certains cherchent \u00e0 profiter de l\u2019effet d\u2019aubaine du statut du parti politique.<\/strong> C\u2019est le cas de <strong>la manif pour tous,<\/strong> dont l\u2019association de financement a \u00e9t\u00e9 agr\u00e9\u00e9e le 24 avril 2015, et qui n\u2019entend pas pr\u00e9senter de candidats aux \u00e9lections. Elle le fait donc clairement pour des raisons d\u2019argent. <strong>Dieudonn\u00e9 et Soral parlaient de le faire, en demandant l\u2019agr\u00e9ment d\u2019une organisation appel\u00e9e R\u00e9conciliation nationale. <\/strong>Mais a priori il n\u2019y a pas eu de suite ou en tout cas pas d\u2019agr\u00e9ment par la CNCCFP r\u00e9cemment.<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Ensuite, certaines questions fondamentales sont non r\u00e9solues, comme le recours de plus en plus massif aux pr\u00eats pour suppl\u00e9er les carences du syst\u00e8me actuel. <\/strong>On l\u2019a vu avec l\u2019affaire des pr\u00eats bancaires russes du Front National. Mediapart a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le samedi 22 novembre 2014 que Marine Le Pen financerait assez largement son parti par de l&rsquo;argent pr\u00eat\u00e9 par des banques russes. D&rsquo;apr\u00e8s Marine Le Pen, cit\u00e9e par le Nouvel Observateur, c&rsquo;est le refus de toutes les banques fran\u00e7aises de lui pr\u00eater de l&rsquo;argent qui explique cette d\u00e9cision.\u00a0 Bien entendu, le probl\u00e8me est politique, d&rsquo;une double mani\u00e8re : d&rsquo;abord parce qu&rsquo;il place le FN en contradiction avec son discours de souverainet\u00e9 nationale, ensuite parce qu&rsquo;il pose la question des r\u00e9seaux russes du Front National, et la question des contreparties que Vladimir Poutine est en droit d&rsquo;attendre du soutien ind\u00e9fectible du Front National \u00e0 sa politique. Pourtant, cette pratique n\u2019est pas ill\u00e9gale d\u00e8s lors que le pr\u00eat n\u2019est pas un don dissimul\u00e9, comme l\u2019a confirm\u00e9 la CNCCFP\u00a0: \u00ab\u00a0un parti a tout \u00e0 fait le droit de contracter un pr\u00eat aupr\u00e8s d\u2019une banque \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Cela appara\u00eet forc\u00e9ment dans les comptes du parti, mais nous n\u2019avons qu\u2019un montant global des emprunts, seuls les commissaires aux comptes ont les d\u00e9tails en mains et effectuent ce contr\u00f4le. Nous exer\u00e7ons un contr\u00f4le sur les dons, pas sur les pr\u00eats. \u00bb. L&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;article 11-4, sous r\u00e9serve de recherches plus approfondies (mais effectivement, comme il est commun en droit \u00e9lectoral, la question semble relever d&rsquo;une zone noire), n&rsquo;est pas faite de la fa\u00e7on la plus stricte. <strong>Toutefois ce type de probl\u00e8me est destin\u00e9 \u00e0 se multiplier lorsque l\u2019on regarde les structures de financement des partis politiques<\/strong> qui font appel toujours davantage aux pr\u00eats, comme on le constate dans l\u2019avis 2013 de la CNCCFP.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Conclusion<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la fois tr\u00e8s technique juridiquement et tr\u00e8s dense politiquement, le droit \u00e9lectoral s\u2019av\u00e8re une mati\u00e8re particuli\u00e8re riche, actuelle, et probl\u00e9matique au sens de nombreux probl\u00e8mes existent et \u00e9voluent en permanence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour autant la doctrine universitaire n\u2019investit que peu ce champ de recherche. En esp\u00e9rant que cette initiation aux r\u00e8gles et probl\u00e9matiques du financement de la vie politique suscite des vocations pour les ann\u00e9es \u00e0 venir\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La facult\u00e9 de droit de Grenoble a une sp\u00e9cificit\u00e9. Elle pr\u00e9pare en effet \u00e0 un dipl\u00f4me universitaire (DU), dit Coll\u00e8ge de droit. Le dipl\u00f4me Coll\u00e8ge de droit a pour objet de proposer des enseignements ouvrant la formation des \u00e9tudiants concern\u00e9s sur le droit compar\u00e9, l&rsquo;environnement institutionnel et social, la transversalit\u00e9 juridique ou encore sur des &hellip; <a href=\"https:\/\/blogdudroitelectoral.fr\/?p=1306\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;28\/05\/2015 : Le financement de la vie politique. 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